jeudi 31 janvier 2013

L'étoilée

Virgile la ramassait pour soigner ses abeilles en Lombardie, le long des rives de la rivière Mella.
C'est une persistante qui fleurit quand les autres s'endorment. Elle aime les sols calcaires, les friches, les talus, les bois clairs ou les pentes rocailles.

C'est la Chandeleur au rendez-vous des contes et l' Almanach parle d'amour

Air - Johann Sebastian Bach

mercredi 30 janvier 2013

bulbes et chaussettes

Le jardinier rencontre deux problèmes dans son existence.
L'un est : où donc est passée la deuxième chaussette?? Mais celui-ci est commun à l'ensemble de l'humanité.
Le second est plus spécifique: pendant l'hiver, où ranger bulbes et rhizomes à l'abri des rongeurs?
Le premier résoudra le second. De la chaussette orpheline, vous ferez un sac que vous accrocherez facilement en hauteur; à une poutre par exemple. 
Oui, mais certains rongeurs, tel le loir aux yeux si doux, sont de vrais acrobates! Essayez la guirlande: une guirlande de chaussettes aux coloris variés peut ne pas déparer la cuisine et si j'ai vu des loirs particulièrement gonflés venir me narguer jusque là, un claquement de mains les fait fuir... pour un temps... ils reviendront la nuit et vous ne sauverez pas tout. 
Que -voulez-vous? Il faut bien que tout le monde vive!


Bien au creux, bien au chaud
Mon gras mon doux mon beau
Poil luisant pattes fines
Mon petit loir dort
Dort et dîne
Dîne et dort
Un petit loir qui dort
Dort et dîne
Dîne et dort

chansons historiques de France 114: les cinq étages 1830

mardi 29 janvier 2013

La langue du Chat


Je serais sûrement différent s'il n'y avait pas de chat dans ma vie. Difficile de dire en quoi. Ce qui est certain, c'est que je me suis mis à écrire beaucoup plus depuis que j'ai Chester, sans que je puisse élucider si c'est un hasard ou pas.

Jean-Noël VUARNET




Le partriole s'envole dans les contes et des chasseurs vous guettent au coin de l'almanach

TOM JOBIM & ELIS REGINA - AGUAS DE MARÇO

lundi 28 janvier 2013

samedi 26 janvier 2013

Allez au coing


Vous aimez les pâtes de fruits? la gelée de coings?
Alors adoptez dans votre verger un cognassier. C'est un arbre charmant, toujours de bonne humeur, qui aime un sol calcaire et n'est pas difficile sur les conditions climatiques. Mais attention toutefois, il n'aime pas trop l'humidité, ni les terrains rocailleux, car contrairement à d'autres arbres, ses racines sont incapables de percer la roche.
Son port retombant est gracieux, tout comme ses fleurs rose pâle, assez semblables aux églantines et qui d'ailleurs, se montrent comme elles en mai.
A la fin de l'été, votre cognassier vous offrira des fruits parfois imposants puisqu'on en a vu qui pesaient jusqu'à un kilo. Des fruits assez coriaces à éplucher ce dont on ne peut se dispenser car le coing ne se consomme guère cru. Il faut si on veut le tenter des dents solides et un estomac qui résiste bien à l'acidité. En Turquie, on "mange le coing" quand on se trouve en situation délicate... c'est tout dire!

C'est la saison du blanc sur l'almanach et un écureuil vous attend dans les contes

vendredi 25 janvier 2013

Toilette d'hiver


Il n'y a pas grand chose à faire au jardin de janvier, à part peut-être le regarder mélancoliquement par la fenêtre, s'enfouir sous la neige.
En revanche au verger, s'il ne gèle pas bien entendu, c'est le moment de tailler; on ne taille jamais assez!
Armez-vous d'un bon sécateur, et faites la toilette de vos fruitiers. Eliminez le bois mort, les rameeaux superflus et corrigez la  forme pour la rndre plus harmonieuse. Jusque là, c'est pas dur, il suffit de regarder. Mais ce n'est pas tout. Les arbres du verger, certes doivent avoir bel aspect, mais ils sont là surtout pour nous donner des fruits et pour les y aider, il faut encore tailler et là, çà se complique.
Si vous êtes jardinière habile et chevronnée, vous allez pouvoir entreprendre une taille de fructification qui vous assurera de belles récoltes. Comme je ne suis pas cette jardinière habile et chevronnée, j'ai donc recours à  mes grimoires lesquels l'expliquent ainsi:
". La taille de fructification favorise la transformation des yeux à bois en boutons à fruits. Elle permet de localiser la fructification et la végétation sur des organes bien définis, les coursonnes qui sont des rameaux taillés courts et portant les fruits. De plus, la taille de fructification permet d'adapter, par des tailles plus ou moins courtes et éventuellement par l'éclaircissage des fruits, la production de fruits aux possibilités de l'arbre, afin d'obtenir des récoltes successives à peu près constantes et d'éviter les années improductives. On affaiblit aussi les yeux ou bourgeons situés sur la face supérieure des rameaux, naturellement favorable à la production de bois, au profit de ceux qui sont placés sur les faces inférieures ou latérales, mieux alimentés par la sève, qui assureront la production fructifère."
Et surtout n'oubliez pas entre deux tailles, de bien désinfecter votre sécateur.

Il y a un chat et de l'élégance dans les contes

Beau Dommage - La complainte du phoque en Alaska

mercredi 23 janvier 2013

La salade de pommes de terre


Vous avez hier mangé à la croque au sel, avec un peu de beurre d'Echiré, une ou deux de ces merveilleuses Spuntas que je ne cesse de louer, tout en ne cessant pas de remercier Anne qui m'a donné  les semences.

Vous en avez naturellement fait cuire un peu plus que de besoin pour une autre utilisation.
Autre utilisation qui sera ce jour la mémorable salade de pommes de terre tiède de ma Mémère Clémentine.
Tandis que vous chauffez un peu de vin blanc sec (d'Alsace si possible), vous épluchez et coupez en rondelles les pommes de terre; dans un saladier, vous les arrosez de vin blanc chaud. Vous aurez haché menu une échalote et débité en tranches une saucisse. Aujourdhui, c'était une Montbéliard, mais une Morteau fait l'affaire de même que des Francfort ou des Strasbourg (dans ce cas, vous pouvez ajouter des cornichons au vinaigre, ou mieux encore aigre-doux); les Toulousaines pourront bien entendu utiliser la saucisse indigène.
Vous préparez une vinaigrette fortement moutardée, vous mélangez et vous servez tiède... arrosé d'un sylvaner, ou de muscadet... à moins que Laurent, s'il me lit, ait une autre idée...

Almanachronique raconte comment on passe un gué et les contes vous donnent rendez-vous avec la procréation magiquement assistée

lundi 21 janvier 2013

Un appétit d'oiseau...

Si vous pensez grapiller comme une mésange, n'hésitez pas à remplir votre caddie. Avoir un appétit d'oiseau, au sens propre, c'est dévorer en nourriture pendant la semaine, l'équivalent de votre propre poids.
Pensez à ces petits affamés qui par ce temps de neige et de gel ne trouvent plus rien à picorer. Les vers et insectes dont ils se nourrissent, s'enfouissent à l'abri du froid et ils ont beau gratter la terre, ils ne trouvent que des cailloux. La si jolie mésange qui fait des acrobaties près de votre fenêtre va perdre le dixième de son poids.
Aussi, remplissez de graines la mangeoire à oiseaux; offrez-leur ces boules de graisse qu'on trouve un peu partout à présent. Par temps sec émiettez du pain sur le sol; tous les oiseaux ne sont pas acrobates; certains , comme le moineau se nourrissent en sautillant à terre.
Et puis veillez à ce que merles, sansonnets, tourterelles n'accaparent pas le buffet. Veillez aussi à ce que votre minet chéri ne prenne pas le dispositif pour une table mise.
Nourrir les oiseaux, c'est à peu près tout ce qu'on aura à faire ces jours-ci

samedi 19 janvier 2013

Filomena Moretti - Romanza

La morelle douce-amère

Douce amère en raison de sa saveur sucrée qui se change en amertume, et morelle parce que souvent ses fruits sont noirs.
C'est une liane gracile et plutôt envahissante qui escalade volontiers les buissons en lisière des bois humides, les fossés ou les berges des rivières. Sur une même tige, elle peut montrer des feuilles de tailles différentes. A ses fleurs d'un bleu profond et violacé, succèdent de beaux fruits rutilants qu'il faut surtout laisser là où ils sont  car la morelle, fruits, feuillage, fleurs ou racines est toute entière toxique

jeudi 17 janvier 2013

Le sorbier des oiseaux

Le sorbier tient son nom d'un mot latin qui signifie gober; ce que font goulûment les oiseaux friands de ses jolis fruits rouges. Papageno l'oiseleur, fabriquait avec son écorce une glu avec laquelle il piégeait les imprudents passereaux.
C'est un arbre de taille moyenne, qui se plaît dans les prairies, les bois clairs et en basse montagne jusqu'à 2000m.
Dans nos jardins, il offre en mai ses fleurs blanches qui deviennent ces grappes vermillon, providence des oiseaux en hiver.
Ses feuilles et ses fruits calment la toux et les intestins; son bois à grain fin, d'abord blanc et qui, en séchant vire au brun- rouge, est utilisé en ébénisterie.
Elégant, il tient peu de place au jardin et s'aligne gracieusement le long des rues et des allées.

Schubert Lieder D328 Erlkönig Dietrich Fischer Dieskau Moritz v...

lundi 14 janvier 2013

La pensée sauvage

Symbole du souvenir, la viola tricolor montre une fleur aux pétales blancs ou mauve  pâle, maculés de jaune et bordés de violet.
La viola arvensis ou pensée des champs, possède des fleurs plus petites, blanches tachées de jaune. Il ne faut pas confondre pensées et violettes: les violettes ont trois pétales dirigées vers le bas et deux dressées ; ce sont des "pessimistes".
Les pensées ont quatre pétales dressées ce sont des "optimistes". Elles sont à l'origine de la plupart des pensées de nos jardins. Communes, elles fleurissent toute l'année, sauf pendant les grands froids. Les fleurs produisent un nectar parfumé et sucré et sont réputées calmer la toux et les irritations de la peau.

samedi 12 janvier 2013

Habanera - Julia Migenes

Le millepertuis

Un jour, le diable se mit une fois de plus en colère; cette fois contre certaine plante à fleurs d'or qui chassait les mauvais esprits. Pour la punir et la décourager, il perça ses feuilles de mille petits trous et on la nomme depuis, millepertuis.
Il pousse dans les friches, les terrains vagues, au bord des routes. Il est notoirement anti-inflammatoire, cicatrisant et anti-microbien, mais attention! ne vous exposez jamais au soleil après avoir touché les glandes brunes de ses fleurs; elles contiennent une huile essentielle capable de provoquer des brûlures .
Si vous sentez chafouin, maussade, déprimé, un petit verre de ratafia de millepertuis peut vous rendre le sourire.
Il vous faut 15gr de fleurs sèches, un citron coupé en morceaux et un litre d'eau de vie de fruits. Vous mettez le tout dans un bocal et vous laissez infuser pendant 15 jours "au soleil". Au bout de ce temps, le liquide a pris une belle teinte ambrée: vous le passez en exprimant bien le jus de citron, vous sucrez selon votre goût.
Ce ratafia, pris en apéritif comme en digestif, chassera le mauvais esprit qui vous chagrine et tant pis si le diable n'est pas satisfait!

jeudi 10 janvier 2013

Fritz Kreisler plays Kreisler "Liebesleid" in 1930 and 1942

La bruyère


"J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre.
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends.
APOLLINAIRE

Dans la famille des éricacées, on la nomme bruyère commune ou plus doctement Calluna vulgaris.
Calluna dérive de balayer, embellir le foyer, car si Apollinaire la mettait en vers, l'homme "vulgaris" en faisait des balais.
Elle est pourtant d'un excellent caractère et ne nous garde pas rancune de l’avoir    reléguée naguère à cette fonction subalterne.
On la trouve cette belle aux tons d'améthyste dans les bois clairs, les landes, les tourbières, les dunes, les pierrailles. Sol sec, sol humide tout lui va sauf le calcaire.
 Elle  fleurit et en abondance les bois clairs, les landes, les tourbières, les dunes et jusqu'aux terrains les plus caillouteux. Sol sec, sol humide, peu lui importe, pourvu qu'il ne soit pas calcaire.
C’est une farouche individualiste qui secrète par ses racines des substances propres à décourager qui voudrait l'avoir pour voisine. Elle reste seule et s'en moque tant elle se sait capable de fleurir sans aucune aide tout votre paysage.
Ses fleurs attirent les abeilles qui en font un miel brun recherché des fabricants de pain d'épices.
Réputée diurétique on la conseille en cas de calculs rénaux.
Si votre sol est pauvre et acide, colorez-le de ses feuillages dorés, bronzés et de ses fleurs qui vont du blanc au violet en passant par toutes les teintes de rose qui en bouquets secs vous fleuriront tout l'hiver.
On peut aussi l'utiliser en grandes quantités pour remplacer le chaume sur les toits.



mardi 8 janvier 2013

Encore un voeu...


John Alonzo WILLIAMS (1869-1947) The Watchful Cat
Puisse chaque saison vous apporter ses cadeaux et qu'ils soient pour vous source de félicité
Pomme

lundi 7 janvier 2013

Le raisin d'Amérique


Connaissez-vous le "raisin d'Amérique"?
Non pas les cépages de Californie, qui voudraient tailler des croupières à nos meilleurs bordeaux, mais la plante qu'on nomme aussi "teinturier", puisque ses baies violettes étaient parfois utilisées pour renforcer la couleur de vins pâlots.
C'est dans la cour d'une maison du Lubéron que je l'ai rencontrée pour la première fois; la très chaleureuse maison de mon pote Groopy ( s'il m'en donne l'autorisation , je vous raconterai un jour sa maison). Si hospitalière est cette demeure que la graine apportée par un oiseau, s'est installée dans un coin de mur et y a prospéré. Nous nous somme interrogés sur l'identité de la belle sans trouver de réponse.
Or voici que, poursuivant mon périple, j'avise une frangine dans le jardin d'une autre maison accueillante celle de G... en Ardèche. Nous sommes toutes deux fondues de jardin et de botanique; et de consulter les nombreux grimoires de ma copine. C'est au bout de deux jours de recherches que nous l'avons identifiée: son nom scientifique est Phytolacca Américana. On l'appelle aussi "épinard de Cayenne ou des Indes" puisqu'on peut faire cuire ses jeunes feuilles qui sont comestibles..
  Phytolacca americana
Venue d'Amérique du Nord, c'est à Bordeaux qu'elle aurait pour la première fois, touché terre en France. D'abord cultivée comme plante d'ornement exotique, elle s'est si bien adaptée qu'on la considère désormais comme intrusive. Ses robustes tiges rouges lui permettent de grimper jusqu'à 3m. de haut; sa racine pivotante est malaisée à extirper. Mais à ce sujet, écoutez Gilles Clément qui dans son "Jardin en Mouvement", explique qu'il n'existe â de "mauvaises herbes", mais seulement des plantes qui poussent à leur gré, sans solliciter notre permission. Au fait, ces plantes envoyées par le Ciel ne nous déchargent-elles pas de l'entretien parfois fastidieux de quelques massifs, pour nous permettre de mieux nous consacrer à d'autres?
Laissons s'épanouir ce "Raisin d'Amérique" en compagnie des grandes Berces du Caucase, de la mélisse, des achillées et autres chélidoines, aux côtés de nos rosiers. Elles donnent à nos jardins une allure étrange qui n'est pas sans charme. Elles ont toutes de plus, quand elles sont bien utilisées de nombreuses vertus.
Le Phytolacca, pour sa part, entrait dans la pharmacopée des Indiens d'Amérique du Nord. Sa racine ,en usage interne et à faible dose, soigne les infections des voies respiratoires, les angines, l'arthrite et les rhumatismes. En cataplasme, les feuilles viennent à bout des mycoses, de l'acné et de la gale. Mais attention, ne jouez pas les apprentis sorciers, la plante est toxique à forte dose; et si elle n'incommode pas les oiseaux - les tourterelles en sont friandes- elle est en revanche mortelle pour les chevaux.
Mais au fait, que ferait un cheval, mortel lui-même pour la bonne ordonnance de nos massifs, que ferait un cheval dans notre jardin?