vendredi 25 mai 2018

Nous avons souvent près de nos maisons, sur les places ou à la sortie des villages des croix ou de petits oratoires parfois entourés d’arbres, parfois solitaires. Que sont ces croix et ces oratoires ?
Les croix sont  les croix des rogations ; mais que sont les Rogations ?
Bonne question ! Les Rogations se célèbrent dans les trois jours qui précèdent l’Ascension. On processionne à travers la campagne, pour demander à Dieu de protéger les récoltes.  C’est au V° siècle, après une série de calamités printanières,  que St Mamert institua la coutume.
 Et depuis lors, au petit matin, tout le village, croix en tête et précédé du curé, des vicaires et des enfants de chœur en grand arroi, s’ébranlait à travers la campagne. Le curé bénissait d’un goupillon magistral les futures moissons, les arbres en  fleur et le bétail étonné. D’une voix aussi fausse que les cœurs étaient purs, les litanies des saints montaient jusqu’au ciel. Devant chaque fontaine, chaque puits, et chaque croix tous également fleuris, la procession s’arrêtait et le prêtre jetait dans l’eau un sel purificateur…
Désormais, le curé a bien trop de paroisses à desservir pour prendre le temps de bénir les cultures…
Et ce sont des tracteurs qui processionnent à travers champs , répandant largement, pesticides, insecticides et autres "icides" aux vertus discutables…
Qui nous rendra les Rogations ???
Et les Mariettes, alors ?
Les « mariettes », comme les fermes fortifiées, font partie intégrante de l’identité du Thymerais. Pourtant, aucune commune mesure entre la masse imposante de la forteresse qui souvent, possède encore ses douves, ses tourelles , ses contreforts, et la modeste niche posée sur un bloc de pierre ou de maçonnerie de guère plus d’un mètre de haut, surmontée d’un toit à deux pans et qui abrite une statue de la Vierge à laquelle elle est consacrée. De la Vierge la plupart du temps, mais parfois aussi du Christ, de l’Enfant Jésus ou d’un saint au pouvoir protecteur ou guérisseur. Ainsi dans certains de ces oratoires, sont logés Saint Jacques qui fait tomber la fièvre, Saint Pierre qui ouvre la porte du Paradis, Saint Sébastien… ou Sainte Barbe qui protège des incendies. On la découvre le plus souvent à la croisée de chemins ou près d’un point d’eau. Ces oratoires, édifiés sur le domaine public ou dans des propriétés privées faisaient l’objet de pèlerinages  individuels ou collectifs.
Les mariettes qu’on l’on peut voir actuellement n’ont guère plus de deux siècles, mais elles ont remplacé d’autres oratoires souvent beaucoup plus anciens. Le nom de mariette vient-il du culte de la Vierge Marie auquel elles sont vouées ou de leur voisinage des points d’eau ? Le débat reste ouvert. Il est cependant plus que probable que ce culte a remplacé celui d’anciennes divinités que l’Eglise Chrétienne tentait d’éradiquer. Puisqu’elle ne pouvait empêcher ses fidèles d’aller prier des entités « païennes », elle a donné à des Saints les pouvoirs attribués aux nymphes et génies qui hantaient les bois, les forêts et les lieux humides.
Car on ne trouve pas les mariettes uniquement au bord des mares ; certaines sont parfois situées dans des lieux parfaitement secs. Il s’agit bien souvent dans ce cas, d’anciens puits refermés ou de sources taries. Souvent, les mares étaient alimentées par une source. Au siècle dernier, nombre de mares jugées dangereuses ont été comblées  ou la source dévoyée ; la mariette est restée.
Mariettes et croix de Rogations sont le plus souvent entretenues par les communes à moindre frais. Qui nous empêche de les embellir ?
Le rosier qui enlace celle de la photo n’a pas coûté un centime. Une bouture offerte et plantée là a donné ce résultat en une année. Et c’est dans cet esprit qu’il faut les fleurir : sans rien dépenser mais dans un esprit de partage, dans la totale gratuité. Les jardiniers (ères) qui ont donnent à ceux qui n’ont pas ; ceux qui savent montrent à ceux qui ne savent pas. Une occasion d’échange et de partage le jour de la Saint-Fiacre, patron des jardiniers (fin septembre)
Avant de donner son nom à une de ces voitures à cheval rouges et noires qui stationnaient près du Rond Point des Champs-Elysées, au bout de l’avenue Matignon, avec dans les montants, un brave cheval qui somnolait le nez dans une musette pleine d’avoine, Fiacre fut un moine Irlandais, devenu le saint patron des jardiniers.
Vers 670, à la fin du règne des mérovingiens, Fiacre quitta son île pour venir évangéliser le continent. Faron, alors évêque de Meaux lui céda une clairière au milieu des bois pour s’y installer un ermitage. Comme beaucoup de moines de son temps, Fiacre connaissait les simples,  avait quelques notions de médecine et était aussi rebouteux.
Pour avoir soulagé quelques braconniers ou chercheurs de champignons aventurés jusque là, sa renommée passa bientôt l’orée de la forêt et l’on vint de partout le consulter.
Prières, écoute attentive, onguents et tisanes obtenaient des guérisons que le bon Fiacre attribuait à la volonté divine. Ses patients ne s’y trompaient pas ; grâce à leurs dons, il pût construire un hospice qu’il entoura d’un  beau jardin où il fit pousser toutes les plantes utiles aux soins qu’il prodiguait. Il y ajouta fruits et légumes dont il nourrissait les plus pauvres.
L’histoire ne le dit pas, mais en bon jardinier Fiacre ne négligeait pas les fleurs dont il faisait orner la chapelle. Et d’ailleurs nombre de fleurs se mangent et ont souvent des vertus curatives. La capucine, par exemple… mais je m’égare… c’est un autre sujet.
Revenons à Fiacre dont la spécialité devint le soulagement des hémorroïdes appelées depuis le Mal de Saint Fiacre. Longtemps après sa mort, des pèlerins venaient s’asseoir sur son tombeau, à Saint-Fiacre-en-Brie (Seine et Marne),  dont la pierre était censée soulager leur mal.
Un jardinier se doit d’être connaisseur en graines et fécondité ; aussi en 1637, la reine Anne d’Autriche qui ne parvenait pas à concevoir, vint le prier de lui donner un enfant, mâle de préférence. Elle rapporta de son pèlerinage une médaille, quelle offrit à son époux, le roi Louis XIII. Le pieux homme baisa… la médaille.
De mauvaises langues prétendent qu’un autre ecclésiastique, le cardinal Mazarin qui secondait en tout son souverain, ne se contenta pas de la médaille.
Tous ces efforts conjugués, offrirent enfin au royaume de France Louis Dieudonné, le futur Louis XIV.
Béni soit saint Fiacre, patron des jardiniers !


dimanche 5 novembre 2017

Le chrysanthème

Hé oui, comme dit le conte, le chrysanthème n’est autre que la marguerite que l’on effeuille pour savoir si on est aimé : un peu… beaucoup… passionnément.
Voilà une fleur hélas plus souvent associée à la décoration des tombes qu’aux émois amoureux.
 Dès la fin d’octobre on voit partout les grosses boules aux tons d’automne qui fleuriront les cimetières et l’on n’imagine pas d’autre forme au chrysanthème. C’est mal connaître l’infinie variété de ses formes et de ses couleurs.
La famille du chrysanthème (asteracées/composées) comprend à l’origine au moins 20 espèces annuelles et autant de vivaces.  Les annuelles viennent du bassin méditerranéen où elles poussent en sol sec ; les vivaces sont originaires des régions arctiques, du nord et du centre de la Russie, de Chine et du Japon où il est une fleur sacrée. Etre décoré de l’Ordre du Chrysanthème représente un grand honneur pour un japonais.

Les horticulteurs en ont désormais crée tant de variétés qu’on les identifie par un système basé sur la floraison ; on peut même en faire des bonsaïs.

.Le Chrysanthème n’est pas difficile : une bonne terre de jardin, quelques arrosages et vous serez fleuri jusqu’aux premières gelées. N’hésitez pas à pincer les jeunes pousses pour les rendre touffues et obtenir de grosses boules ; ou alors placez les pots en hauteur et laissez-les cascader.
Rentrer les chrysanthèmes en pot quand ils sont défleuris ; ils passeront l’hiver à l’abri du gel et vous pourrez les bouturer et les repiquer en pleine terre au printemps prochain.

samedi 4 novembre 2017

L'aster



C’est l’étoile du jardin d’automne ! Les papillons l’accompagnent de baisers amoureux aussi longtemps que le soleil séjourne dans nos jardins.
Il nous vient du nord de l’Amérique et a pris facilement ses quartiers dans nos jardins.
Il se plaît tant chez nous que parfois il exagère et s’installe en abondance là où l’on n’en a que faire.

C’est le cas de l’aster lancéolé, de l’aster de Virginie et de l’aster à feuille de saule qui se propagent sans délicatesse dans les zones humides sans aucun respect pour la flore indigène.

jeudi 17 août 2017

Salade improvisée

Il nous reste une seule pomme de terre cuite dans sa peau. C’est peu… qu’allons-nous en faire ? qu’avons-nous d’autre en stock ?
Dans un bocal, quelques cornichons « à la Russe » attendent qu’on s’occupe d’eux ; par ailleurs, nous avons trouvé dans les rayons poisson de notre market favori du haddock découpé façon lardons.

Goûtons-les ; ils sont bien fumés, pas trop salés. Les cornichons sont aigre-doux comme ils doivent être, légèrement sucrés. Epluchons la patate, découpons un gros cornichon et disposons le tout dans un saladier avec les lardons de haddock. Un filet d’huile de votre choix ; pas de vinaigre bien entendu le cornichon suffit. Mélangeons et goûtons… Pas mal du tout ma foi cet ensemble discrètement sucré/salé. Nous pouvons l’ajouter à nos spécialités. A la réflexion… quelque oignons pourraient se joindre à l’assemblée ; y penser la prochaine fois.

samedi 10 juin 2017

Juin !


Bientôt la Saint-Jean et ses herbes qui vont de sept à vingt-quatre selon les grimoires.
Des herbes que bien des jardiniers, confortés en cela par les distributeurs de désherbants chimiques qualifient de mauvaises. Elles déshonorent, pensent-ils, leurs si veloutées pelouses ; jettent l’anarchie dans la composition savante des massifs et l’urgence serait selon eux de les éradiquer.
Pourtant ces herbes sont aussi selon les herbiers, les botanistes et les moines dans la composition de remèdes, de tisanes, de liqueurs souvent bénéfiques. Souvenons-nous que c’est un « vin herbé » qui enivra d’amour Tristan pour la blonde Yseut. Certes l’histoire a mal fini, aussi restons prudents et de ces herbes controversées, sachons en reconnaître d’inoffensives et savoureuses pour nous mitonner une gentille petite soupe de printemps. Le printemps est souvent capricieux et un bouillon d’herbes bien chaud est souvent bienvenu en soirée.
Glaneuse, tu vas d’abord reconnaître le chénopode « bon-henri » qu’on nomme aussi épinard sauvage ; nul besoin de le décrire plus. En revanche, ne garde que ses feuilles tendres et la hampe graineuse ; sa tige est fibreuse et amère. Tu trouveras aussi dans un coin un peu délaissé de ton jardin de le l’alliaire dite officinale. Ses feuilles sont rondes et dentées et dégagent une bonne odeur d’ail quand on les froisse. Tu iras ensuite au potager où très certainement prospère un pied de livèche. Quelques feuilles et un peu de fenugrec feront office de bouillon sans qu’aucune poule n’ait péri. Tes bordures d’oseille ne demandent qu’à être éclaircies pour ajouter une touche d’acidité au potage ; ici encore, il faut éliminer les côtes.
Il n’y a plus qu’à ajouter comme pour tout potage, une ou deux pommes de terre pour l’onctuosité ; une carotte et ses fanes, un oignon, deux clous de girofle, une branche de thym et le gros laurier dont l’âge est probablement celui de ta maison, ne te refusera pas deux ou trois feuilles.
Ensuite, ma foi glaneuse, tu sais faire une soupe : de l’eau, sel et poivre, feu doux, puis quand les pommes de terre sont tendres, il est temps de mixer et d’ajouter une ou deux cuillers de crème fraîche.


dimanche 21 mai 2017

De la pensée positive au jardin…
Ou comment venir à bout des dégâts causés par certains passants peu scrupuleux.
Etant bien établi qu’il n’y a pas de « nuisibles » dans la nature, que tout excès est le fruit d’un manque, comment se protéger de la gourmandise des lapins ?
Des lapins c’est bien simple, quand on rentre ici le soir, on se croirait dans le monde de Béatrix Potter.
C’est charmant ! Ce qui l’est moins, c’est de constater au matin, que les jeunes plants tendrement mis en terre la veille se retrouvent rongés ou dans le meilleur des cas, culbutés racines en l’air. Plus de tulipes, plus de dahlias…certes bulbes et tubercules sont comestibles et les lapins plus aventureux que nous s’en régalent à notre grand désespoir.
Dans le milieu du siècle dernier, un voisin châtelain exaspéré leur a collé la myxomatose, exploit dont le village s’enorgueillit encore aujourd’hui. Il n’y a pas de quoi ! Ces lapins malades sont horribles à voir et puis quoi ? ma propriété n’est qu’un modeste jardin !
Ne comptons ni sur le renard, ni sur la fouine ou la belette ; déclarés nuisibles, les chasseurs leur font une guerre sans merci, raison pour laquelle le lapin prospère. Alors, il y a des trucs : crottes des chiens, litière du chat, poils et cheveux des uns et des autres… Il suffit d’une pluie pour que l’effet soit aboli. Le grillage ne les arrête qu’un temps. Et puis quoi ? ils sont sympa ces lapins. Déjà je regrette les taupes qu’une implantation d’euphorbe épurge a poussées à déménager. Pourtant je veux des fleurs, et des fraises et des salades ; du moins qu’ils m’en laissent une partie !
Tout problème a sa solution ; l’une d’elle consiste à observer. C’est essentiel au jardin. Quelles sont les plantes auxquelles il ne touchent pas et il y en a : les hémérocalles par exemple et aussi le héllébores ou encore les ajugas . Ensuite, aller demander à Google (que ferions-nous sans lui ?) s’il en existe d’autres et elles existent bel et bien. Allez-y ; les lister ici rallongerait trop cet article qui déjà n’est pas court.
Et puis, si on s’entête à vouloir tulipes , dahlias, arbustes fleuris, eh bien il y a le pot ! la jardinière. C’est une autre façon de paysager un jardin. Il en faut de toutes tailles du très grand pour les arbustes tels que rhododendrons ou camélias qui seront installés à demeure aux plus petits, voire précieux qu’on rentrera l’hiver. Et puis laisser aller son imagination : une souche biscornue et creusée c’est un pot ; un panier aimé qui s’en va par le fond, peut habiller un pot ordinaire et devenir corbeille fleurie ; tout ce qui vous tombe sous la main peut devenir jardinière.
Autre avantage : plus besoin de gratter ou nettoyer l’emplacement. En posant le pot, on s’aperçoit que nombre d’adventices sont de parfaits couvre-sols. On peut ainsi laisser prospérer le bouton d’or qui se marie admirablement au myosotis ; les violettes si envahissantes font d’agréables coussins verts ; le lierre terrestre pousse ses dentelles jusque dans les allées ; on peut laisser la bryonne qui cherche à étouffer tout ce qu’elle touche, fleurir et rougir tout l’été ; jusque à la bardanne dont peut laisser les feuilles s’épanouir en larges évantails (couper quand même les fleurs avant qu’elles ne décorent les poils des chiens et du chat).

Alors me direz-vous, c’est le jardin des mauvaises herbes ? Il n’y a pas de mauvaises herbes pas plus qu’il n’y a de nuisibles ! L’homme est là non pour maîtriser la nature qui est bien plus forte que lui, mais pour en tirer parti en lui demandant poliment et gentiment son concours.

dimanche 26 février 2017

La Primevère

L'hiver n'est pas encore fini mais les primevères commencent   à montrer leur joli museau.
 On trouve en jardinerie des primevères aux couleurs éclatantes qui  se naturalisent généralement dans des habits aux tons pastel que tu préfères je n'en doute pas, Belle Jardinière. Et s'il t'arrive de les trouver envahissantes, tu laisses cependant leurs coussins roses, mauves et jaune tendre coloniser ta pelouse.
Sois patiente avec elles : elles sont les premières couleurs de la fin de l'hiver.
Elles bravent la neige et le gel pour nous rassurer et nous promettre que le printemps reviendra même si tout dehors semble affirmer le contraire.
Et quand le soleil sera de retour  et les primevères défleuries, qu'il faudra sortir la tondeuse, n'hésite pas: la plus sévère des tontes n'empêchera jamais la primevère de refleurir chaque année plus vigoureuse.