jeudi 17 août 2017

Salade improvisée

Il nous reste une seule pomme de terre cuite dans sa peau. C’est peu… qu’allons-nous en faire ? qu’avons-nous d’autre en stock ?
Dans un bocal, quelques cornichons « à la Russe » attendent qu’on s’occupe d’eux ; par ailleurs, nous avons trouvé dans les rayons poisson de notre market favori du haddock découpé façon lardons.

Goûtons-les ; ils sont bien fumés, pas trop salés. Les cornichons sont aigre-doux comme ils doivent être, légèrement sucrés. Epluchons la patate, découpons un gros cornichon et disposons le tout dans un saladier avec les lardons de haddock. Un filet d’huile de votre choix ; pas de vinaigre bien entendu le cornichon suffit. Mélangeons et goûtons… Pas mal du tout ma foi cet ensemble discrètement sucré/salé. Nous pouvons l’ajouter à nos spécialités. A la réflexion… quelque oignons pourraient se joindre à l’assemblée ; y penser la prochaine fois.

samedi 10 juin 2017

Juin !


Bientôt la Saint-Jean et ses herbes qui vont de sept à vingt-quatre selon les grimoires.
Des herbes que bien des jardiniers, confortés en cela par les distributeurs de désherbants chimiques qualifient de mauvaises. Elles déshonorent, pensent-ils, leurs si veloutées pelouses ; jettent l’anarchie dans la composition savante des massifs et l’urgence serait selon eux de les éradiquer.
Pourtant ces herbes sont aussi selon les herbiers, les botanistes et les moines dans la composition de remèdes, de tisanes, de liqueurs souvent bénéfiques. Souvenons-nous que c’est un « vin herbé » qui enivra d’amour Tristan pour la blonde Yseut. Certes l’histoire a mal fini, aussi restons prudents et de ces herbes controversées, sachons en reconnaître d’inoffensives et savoureuses pour nous mitonner une gentille petite soupe de printemps. Le printemps est souvent capricieux et un bouillon d’herbes bien chaud est souvent bienvenu en soirée.
Glaneuse, tu vas d’abord reconnaître le chénopode « bon-henri » qu’on nomme aussi épinard sauvage ; nul besoin de le décrire plus. En revanche, ne garde que ses feuilles tendres et la hampe graineuse ; sa tige est fibreuse et amère. Tu trouveras aussi dans un coin un peu délaissé de ton jardin de le l’alliaire dite officinale. Ses feuilles sont rondes et dentées et dégagent une bonne odeur d’ail quand on les froisse. Tu iras ensuite au potager où très certainement prospère un pied de livèche. Quelques feuilles et un peu de fenugrec feront office de bouillon sans qu’aucune poule n’ait péri. Tes bordures d’oseille ne demandent qu’à être éclaircies pour ajouter une touche d’acidité au potage ; ici encore, il faut éliminer les côtes.
Il n’y a plus qu’à ajouter comme pour tout potage, une ou deux pommes de terre pour l’onctuosité ; une carotte et ses fanes, un oignon, deux clous de girofle, une branche de thym et le gros laurier dont l’âge est probablement celui de ta maison, ne te refusera pas deux ou trois feuilles.
Ensuite, ma foi glaneuse, tu sais faire une soupe : de l’eau, sel et poivre, feu doux, puis quand les pommes de terre sont tendres, il est temps de mixer et d’ajouter une ou deux cuillers de crème fraîche.


dimanche 21 mai 2017

De la pensée positive au jardin…
Ou comment venir à bout des dégâts causés par certains passants peu scrupuleux.
Etant bien établi qu’il n’y a pas de « nuisibles » dans la nature, que tout excès est le fruit d’un manque, comment se protéger de la gourmandise des lapins ?
Des lapins c’est bien simple, quand on rentre ici le soir, on se croirait dans le monde de Béatrix Potter.
C’est charmant ! Ce qui l’est moins, c’est de constater au matin, que les jeunes plants tendrement mis en terre la veille se retrouvent rongés ou dans le meilleur des cas, culbutés racines en l’air. Plus de tulipes, plus de dahlias…certes bulbes et tubercules sont comestibles et les lapins plus aventureux que nous s’en régalent à notre grand désespoir.
Dans le milieu du siècle dernier, un voisin châtelain exaspéré leur a collé la myxomatose, exploit dont le village s’enorgueillit encore aujourd’hui. Il n’y a pas de quoi ! Ces lapins malades sont horribles à voir et puis quoi ? ma propriété n’est qu’un modeste jardin !
Ne comptons ni sur le renard, ni sur la fouine ou la belette ; déclarés nuisibles, les chasseurs leur font une guerre sans merci, raison pour laquelle le lapin prospère. Alors, il y a des trucs : crottes des chiens, litière du chat, poils et cheveux des uns et des autres… Il suffit d’une pluie pour que l’effet soit aboli. Le grillage ne les arrête qu’un temps. Et puis quoi ? ils sont sympa ces lapins. Déjà je regrette les taupes qu’une implantation d’euphorbe épurge a poussées à déménager. Pourtant je veux des fleurs, et des fraises et des salades ; du moins qu’ils m’en laissent une partie !
Tout problème a sa solution ; l’une d’elle consiste à observer. C’est essentiel au jardin. Quelles sont les plantes auxquelles il ne touchent pas et il y en a : les hémérocalles par exemple et aussi le héllébores ou encore les ajugas . Ensuite, aller demander à Google (que ferions-nous sans lui ?) s’il en existe d’autres et elles existent bel et bien. Allez-y ; les lister ici rallongerait trop cet article qui déjà n’est pas court.
Et puis, si on s’entête à vouloir tulipes , dahlias, arbustes fleuris, eh bien il y a le pot ! la jardinière. C’est une autre façon de paysager un jardin. Il en faut de toutes tailles du très grand pour les arbustes tels que rhododendrons ou camélias qui seront installés à demeure aux plus petits, voire précieux qu’on rentrera l’hiver. Et puis laisser aller son imagination : une souche biscornue et creusée c’est un pot ; un panier aimé qui s’en va par le fond, peut habiller un pot ordinaire et devenir corbeille fleurie ; tout ce qui vous tombe sous la main peut devenir jardinière.
Autre avantage : plus besoin de gratter ou nettoyer l’emplacement. En posant le pot, on s’aperçoit que nombre d’adventices sont de parfaits couvre-sols. On peut ainsi laisser prospérer le bouton d’or qui se marie admirablement au myosotis ; les violettes si envahissantes font d’agréables coussins verts ; le lierre terrestre pousse ses dentelles jusque dans les allées ; on peut laisser la bryonne qui cherche à étouffer tout ce qu’elle touche, fleurir et rougir tout l’été ; jusque à la bardanne dont peut laisser les feuilles s’épanouir en larges évantails (couper quand même les fleurs avant qu’elles ne décorent les poils des chiens et du chat).

Alors me direz-vous, c’est le jardin des mauvaises herbes ? Il n’y a pas de mauvaises herbes pas plus qu’il n’y a de nuisibles ! L’homme est là non pour maîtriser la nature qui est bien plus forte que lui, mais pour en tirer parti en lui demandant poliment et gentiment son concours.

dimanche 26 février 2017

La Primevère

L'hiver n'est pas encore fini mais les primevères commencent   à montrer leur joli museau.
 On trouve en jardinerie des primevères aux couleurs éclatantes qui  se naturalisent généralement dans des habits aux tons pastel que tu préfères je n'en doute pas, Belle Jardinière. Et s'il t'arrive de les trouver envahissantes, tu laisses cependant leurs coussins roses, mauves et jaune tendre coloniser ta pelouse.
Sois patiente avec elles : elles sont les premières couleurs de la fin de l'hiver.
Elles bravent la neige et le gel pour nous rassurer et nous promettre que le printemps reviendra même si tout dehors semble affirmer le contraire.
Et quand le soleil sera de retour  et les primevères défleuries, qu'il faudra sortir la tondeuse, n'hésite pas: la plus sévère des tontes n'empêchera jamais la primevère de refleurir chaque année plus vigoureuse.




lundi 9 janvier 2017

Cher Maître

Tout le monde sait comment faire germer un noyau d'avocat.... NON???
C'est pas croyable!
Alors je vous explique... 
Bon, vous avez un noyau d'avocat. Vous faites tremper le gros bout dans un verre ou un pot de yaourt, mais si vous avez un vase à jacinthes, c'est encore mieux , parce que sinon, il faut faire tout un montage avec des épingles plantées dans le noyau pour qu'il tienne en équilibre sur le verre. Les vases à jacinthes on en trouve pas cher sur les brocantes... et attention !sur ce marché dès qu'il y a demande, les prix flambent. Pour le moment, ça va...
Donc, vous avez le récipient, vous faites tremper le noyau dans de l'eau tiède que vous complétez au fur et à mesure qu'elle s'évapore. Le noyau va se fendre et vous verrez apparaître la racine. Quand elle atteint 2 ou 3 centimètres, vous plantez le noyau aux 2/3 dans un mélange de terreau et de terre de bruyère que vous arroserez régulièrement.
Vous verrez grandir une tige que vous taillerez dès qu'elle atteindra 15cm environ, afin de la faire ramifier et lui donner l'aspect d'un arbuste.
L'avocat en pot prospère dans une serre ou une véranda. Attention! dans son milieu naturel, l'avocatier est grand!
En appartement, c'est le sujet idéal pour tenter le bonsaï.   PP

Priez pour nous


L'agriculture qui manque parfois de bras , ne manque pas de saints. L'un d'entre eux ne porte-t-il pas son nom: saint Agricol?
En Provence, nombre de saints épargnent aux récoltes les pires calamités.
Antoine, promène son cochon dans les environs de Marseille, Blaise cueille des simples autour de Salon. C'est à Cipières que Claude fume sa pipe. Eloi, le grand saint Eloi remet à l'endroit les culottes des gens de Maillane et de Fontvieille. On prie saint Isidore en Arles, à Aix et Avignon; patrice à Biot, Pons à Digne et Roch à Tarascon envoie son chien à la chasse au dragon.

PP

samedi 7 janvier 2017

Le radis noir

Notre époque manque d'humour: depuis que les curés s'habillent comme tout le monde, on ne peut plus les désigner sous le terme choisi de "radis noir". Ce n'était pourtant pas leur faire injure que de les comparer à cette racine au délicat goût de noisette, bien supérieur au petit radis rose ne serait-ce que parce qu'il est moins énervant à éplucher. C'est encore moins long si on le sert découpé en rondelles dans sa peau d'ébène, avec une noix de beurre des Charentes, quelques grains de fleur de sel de Guérande, le tout sur une tranche de pain bis.
Le radis noir râpé avec carottes et céleri, quelques grains de raisin et une (petite ) poignée de cacahuètes, huile d'olive et vinaigre balsamique fait une entrée honorable précédent les repas consistants de l'hiver.
En soupe, il n'est pas mal non plus: il donne de la consistance aux feuilles de bettes. Braisé avec des lardons, il garnit viandes et poissons. Et....la cerise sur le gâteau: pratiquement 0 calories. Il était un des régals favoris de la Comtesse de Ségur.
Avant de vous munir du douteux Tamiflu, pensez au radis noir: c'est un excellent fortifiant qui, préparé en sirop calme la toux et les bronchites.
Il vous faut juste un radis, et du sucre de canne roux.
Coupez le radis en rondelles dont vous mettrez une première couche dans une assiette creuse; recouvrez de sucre. Continuez à alterner sucre et radis en terminant par une couche de sucre.
Laissez reposer une nuit et le lendemain recueillez le sirop dans un de ces jolis flacons que, je n'en doute pas, vois glanez dans les brocantes.


PP