samedi 25 janvier 2014

L'épine noire

Le prunellier est le garde-manger des pies grièches: aux longues épines qui bardent son écorce noire, elles empalent insectes oisillons qu'elle reviendront chercher quand elles auront faim. Les cadavres se décomposent et les épines souillées provoquent de redoutables blessures.
Autrefois, pour échapper à la conscription, les jeunes gens n'hésitaient pas à s'infliger aux doigts une piqûre de prunellier.. La plaie infectée, il fallait amputer et le conscrit , incapable de tenir un fusil, échappait à l'armée.
Portez des gants si vous voulez lui prendre un bouquet, car il est l'un des premiers à offrir au printemps des brassées de fleurs blanches qui se montrent bien avant les feuilles.
A la fin de l'été, ses fruits d'un bleu profond sont acides et offrent plus de noyau que de chair. 
Cavaliers, si après un bon galop ou une longue marche au soleil, vous avez soudain la gorge sèche et rien a boire, regardez si le long de votre chemin se trouve une épine noire. Prenez-lui une prune, une seule, que vous allez sucer jusqu'à ce que sa peau éclate, le fruit tout chaud aura perdu son âcreté et comme par magie, votre soif aura disparu.
Courageux: la confiture de prunelle est très fine! Bien entendu, il faut pour dénoyauter pas mal de patience. 
Ou bien, en gardant les noyaux, on peut distiller la prunelle pour en faire de l'eau-de vie.
Son bois est dur, fin et brun rosé; il servait naguère à faire des cannes et des manches d'outils.

1 commentaire:

Mildred E a dit…

Un arbuste bien utile mais dont il faut se méfier!
Merci pour le partage.

Bises