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dimanche 21 juin 2015

Le pavot + alma nature2024



Tout comme Madame de Ségur, les mamans celtes calmaient leurs enfants en mélangeant les graines de certaines fleurs à leur bouillie. Bouillie se disait « papa » et la fleur fut nommée pavot. 
Au XII° siècle, Hildegarde de Bingen mentionnait les propriétés narcotiques et anesthésiantes du pavot et l’utilisait non seulement comme plante médicinale mais aussi en légume.
Dans les campagnes,  les « Bonnes Femmes » le prescrivaient sous le nom « d’Herbe des Vierges » à celles qu’une grossesse intempestive mettait dans l’embarras.
La réputation du pavot est ambigüe : on l’utilise dans la pharmacopée moderne pour ses vertus calmantes et soporifiques. Sa culture pour les besoins de la médecine comme de l’alimentation est strictement réglementée. Il contient dans ses parties vertes, comme d’ailleurs son cousin le coquelicot, un latex qui fournit l’opium brut. Une substance qu’on disait autrefois entrer dans la composition des « onguents de sorcières ».
Originaire d’Asie où il est cultivé, le pavot pousse aussi spontanément en Europe, cependant il est rare à l’état sauvage, aussi faut-il rester modéré quand on le ramasse dans la nature.  Haut d’environ un mètre, il fleurit de juin à septembre. Son fruit est une capsule verte qui devient ivoire  à maturité. Sa racine, grosse comme un petit doigt est pivotante.
Une seule capsule suffit pour ensemencer un carré de jardin qui saura bien s’agrandir de lui-même. La variété blanche à graines blanches est utilisée en médecine et pour la fabrication de l’opium ; celle à fleurs pourpres donne « l’opium de la Thébaïde » dont les graines sont noires. Il a besoin pour s’épanouir, d’un endroit dégagé, au soleil, en terrain riche et calcaire. Ses couleurs délicates y seront mieux en valeur que sur un fond de verdure
Ses graines, qui ne contiennent pas les substances soporifiques de ses autres  parties fournissent la délicate huile d’oeillette appréciée des gourmets. L’Alsace et les pays d’Europe de l’est parsèment pain et pâtisseries, à leur sortie du four  de graines de pavots crues .





mercredi 13 mars 2013

Les Pavots + alma nature 2024



Pendant que la neige s'amoncelle et recouvre tout au jardin, histoire de nous remonter le moral, parlons un peu du lumineux pavot.
Je sais, je prends de l'avance , mais pas tant que çà et dans quelques semaines, il y aura tant à raconter que je risquerais de le zapper un peu et il mérite mieux que quelques mots en passant.
Il y a d'abord le pavot annuel, celui qu'on voit le premier, presque encore un coquelicot avec sa tige fine et gracieuse, son bouton rond et duveteux comme un oisillon. Bientôt, très lentement, au rythme d'une effeuilleuse professionnelle, il va s'entrouvrir et libérer l'un après l'autre des pétales soyeux d'abord froissés et qui vont se lisser au soleil. Il en est de plusieurs sortes et de couleurs éclatantes et variées qui vont du blanc au rouge en passant par le jaune et l'orangé, avec pour certains un oeil noir qui nous regarde du fond de la fleur. Profitez-en bien, car les premières chaleurs lui sont fatales; mais ce n'est pas bien grave, il aura eu le temps de se ressemmer et bien qu'annuel, quand il se plaît dans un jardin, il n'hésite pas à se naturaliser.
Et puis, il va être remplacé par le gros, le beau, le rutilant pavot vivace,aux fleurs si grosses qu'on les croit parfois en papier crêpon. Lui, vient d'Orient, aime la chaleur et le soleil et revient chaque année en se multipliant. Il est presque toujours rouge ou orange vif, jamais blanc ni jaune, bien que... j'ai le souvenir d'en avoir eu un rose pâle. Il n'a duré qu'un été et je ne l'ai jamais revu.
Il ne faudrait pas oublier le pavot de l'Himalaya, d'un bleu profond, et dont je ne peux guère vous parler faute d'en avoir adopté un... ce qui je pense , ne va pas tarder.

Une sorcière dans les contes et Hugo Chavez sur l'Almanach.