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mercredi 17 décembre 2014

L'aubépine rouge + alma nature 2024

C'est le moment de la planter pour en faire une haie...
J'en ai déjà parlé sur ce blog; il suffit de la chercher dans les libellés. Histoire de ne pas radoter, je n'ajoute rien.... sauf ce conte:

On dit que l’aubépine est la petite sœur diabolique du pommier, mais savez vous pourquoi certaines ont des fleurs rouges ?

C’était il y a longtemps ; beaucoup de poules avaient encore des dents, et dans un village de ce temps là, un jeune homme cultivait un verger, le plus beau de la région qui donnait tous les ans des montagnes de pommes avec lesquelles il faisait un cidre excellent.
Il se nommait Emile et il était amoureux.
Amoureux de la belle Félicie qui avait tant de soupirants qu’elle ne savait lequel choisir. A vrai dire Félicie aimait surtout les dentelles de ses jupons et les broderies de son corsage ; elle aimait sa jolie tournure quand elle allait danser et les compliments et les fleurs.
Elle s’aimait tant elle-même, qu’elle choisit d’accorder sa main à celui qui l’aimerait le mieux ; ce fut une grande chance pour Emile qui lui offrit pour leurs fiançailles un collier d’or.
Le jour de la noce arriva ; ce fut une belle fête et le soir on dansa. Emile et Félicie faisaient plaisir à voir. Il y a toujours dans les noces un invité que personne ne connaît ; les amis de la mariée pensent qu’il fait partie de ceux du marié et réciproquement.
Aux noces d’Emile et Félicie, l’inconnu était un grand beau garçon, au poil noir et à l’œil d’ambre et qui dansait miraculeusement bien ; il tournait, sautait, faisait des entrechats, sous le regard ébloui de Félicie qui pour une fois trouvait à admirer mieux qu’elle-même. Emile qui était bon danseur voulut rivaliser avec l’étranger et se mit lui aussi à tourner, à bondir mais il n’avait pas, pauvre villageois, les souples bottes de cuir de son rival. Ses souliers du dimanche étaient lourds ; il glissa, et se cassa la cheville. On l’emporta chez l’ancien, qui lui mit une attelle et lui donna une potion qui le ferait dormir sans douleur. Autour de lui, on riait lui promettant sa nuit de noces pour plus tard et disaient les plaisants, elle n’en sera que meilleure.
Oui, mais le lendemain matin, le beau danseur avait disparu et l’on ne trouva nulle part Félicie.
Sans attendre que ses os se ressoudent, Emile attela son âne et partit à la recherche de la fugitive. A la ville voisine, dans d’autres plus éloignées, il n’y avait pas trace de sa promise.
Il boitait de plus en plus et l’ancien, pour le faire tenir tranquille lui dit :
-« A quoi sert de partir dans tous les sens ? Si elle revient elle ne te trouvera pas…
Emile resta chez lui . Il ne savait plus rien faire d’autre qu’attendre. Il ne soignait plus son verger et les pommiers finirent par ne plus donner de pommes, puis un a un ils moururent et tombèrent. A leur place poussaient des aubépines. Tous les ans, en mai, a la date des noces manquées, elles se couvraient de fleurs blanches, comme des mariées.
Et les années ont passé, quand il n’est plus resté debout qu’un seul pommier, Emile s’est pendu à la plus haute branche. On l’a enterré dans ce qui n’était presque plus un verger et les ronces et les épines ont continué de pousser, toujours couvertes de fleurs blanches au mois de mai.
Et c’est un soir de mai, quand la nuit tarde à venir, que des jeunes gens qui revenaient d’une assemblée, ont vu une bohémienne rôder près de la maison d’Emile qu’on n’appelait plus que « la maison du pendu ». Effrayés ils sont vite rentrés chez eux. Le lendemain, plusieurs épines avaient des fleurs rouges.
Quelques années plus tard, les villageois pour avoir un pré communal, décidèrent d’abattre ce qui restait de la « maison du pendu » et de raser le roncier. On retrouva sous l’épine rouge, le tronc du vieux pommier, la tombe d’Emile et les restes d’une femme. Le squelette portait au cou le collier d’or offert par Emile à Félicie pour leurs noces.


mardi 24 janvier 2012

+ alma nature 2024

Aubépine ou Bois-de-Mai-

La haie traditionnelle du Perche et de notre Thymerais, la « plesse » est composée principalement d’aubépine, dont les dards cruels valent les plus solides barbelés.
On dit que le Diable, jaloux du Créateur, voulut en tout l’imiter. Mais il ne réussit qu’à contrefaire l’œuvre divine. C’est ainsi que lorsque Dieu créa le pommier, Satan ne parvint qu’à produire l’aubépine dont les baies rouges nommées cenelles sont petites, farineuses et fades. On en fait pourtant, en y ajoutant des framboises, une excellente confiture.
L’aubépine a cependant de nombreuses vertus : c’est un excellent tonicardiaque. Mieux, un rameau fleuri cueilli le premier mai et accroché dans le grenier préserve de la foudre. Mieux encore ! Le Bois-de-Mai placé dans les étables éloigne sorciers et serpents têteurs de lait.
Grâce à ses vertus aphrodisiaques, l’aubépine assure aux couples fertilité et bonheur conjugal.
Sachez aussi que ce n’est pas votre chat qui danse et miaule dans la haie au fond du jardin, mais une sorcière qui a pris son aspect.
L’aubépine que vous voyez le plus souvent en haies ou en buissons est en fait un arbre qui peut monter jusqu’à huit mètres de haut et vivre plusieurs fois centenaire. Ses feuilles vert foncé précèdent des fleurs blanches qui se montrent de mi-avril à mi-mai, pendant que brille la Lune Rousse et que se fêtent les Saints de Glace ; aussi dit le proverbe :

Quand l’aubépine est en fleurs,
Le temps est en rigueur.

Confiture de baies de Bois-de-Mai et de framboises-

Il vous faut : 2kg de cenelles, 500gr de framboises et trois parts pour quatre de sucre roux.
Armes vous de patience et d’une fourchette pour égrener les cenelles, que vous mettrez dans une marmite. Vous les couvrez d’eau à ras et les laisser cuire jusqu’à ce qu’elles s’écrasent à la fourchette ; puis vous passez au tamis garni d’une gaze.
Ajoutez le sucre et faites cuire à feu vif pendant quinze minutes en tournant avec une écumoire.
Prenez une assiette froide ; déposez dessus une goutte de confiture. Si elle se fige, il est temps d’éteindre le feu. Versez en bocaux que vous fermerez aussitôt.