« De mémoire de rose, on n’a jamais vu mourir un jardinier ». Ainsi parlait la fleur chérie du Petit Prince.
Aussi, jardiniers, mettez des roses dans vos parterres… « Roses de toutes sortes, rêveuses sans repos, qui ne dormez jamais tant votre odeur est forte » disait un autre poète dont le nom ne me revient pas.
Les poèmes qui chantent les roses, sont aussi nombreux que celles qu’ils célèbrent. Roses de toutes couleurs, de toutes senteurs ; rosiers grimpants, rosiers buissons, roses thé, roses choux, roses pompons, cuisse de nymphe et même, cuisse de nymphe émue… toutes descendent de l’églantine, la « Rosa Canina » dont Charlemagne encouragea la culture car elle guérissait de la rage.
C’est au XIII° siècle que Thibaut IV de Champagne, le poète, rentrant des croisades fit planter aux environs de sa bonne ville de Provins , la Rose de Damas, qui n’était autre en fait que la Rosa Gallica connue en Europe depuis la plus haute antiquité. Devenue la Rose de Provins, elle fleurit encore nos jardins et de nombreux espaces publics, après avoir donné ses gênes à toutes ces roses qui nous émerveillent.
Car la Rose, reine des fleurs est comme toutes les vraies aristocrates d’une grande simplicité. Elle est robuste et de culture facile. Ni le froid, ni les grandes chaleurs ne la rebutent. Si elle aime une bonne terre de jardin bien amendée, une « terre à blé » plutôt argileuse lui conviendra tout aussi bien. Comme toutes les fleurs elle apprécie un bon arrosage – le soir et au pied de préférence- mais le manque d’eau s’il la rend moins belle ne la fera pas mourir.
Ni les grands froids, ni les grandes chaleurs ne lui sont funestes. Les pucerons, l’oïdium, dévasteront ses fleurs et ses feuilles, mais après l’avoir bien taillé, votre rosier repartira vigoureusement l’année suivante. La rose sait se comporter dans toutes les situations.
Des champs entiers de roses destinées à la parfumerie sont cultivés dans la région de Grasse et l’on ne peut se dispenser d’avoir à la maison un flacon d’eau de rose qui sert aussi bien à rafraîchir le visage qu’à parfumer certains desserts.
Car la rose ne se contente pas d’être belle et d’embaumer, elle est aussi délicieuse en friandise. Avez-vous goûté des loukoums à la rose ? Effeuiller quelques pétales dans un infusion, non seulement la parfume, mais encore la rend astringente et contribue à calmer les maux de gorge . Louis XI prenait des bains dans lesquels flottaient pétales et boutons de roses.
Et comme la rose est aussi la fleur des amoureux essayez ce délicieux « Confit des Amants » .
Il vous faut 500gr. de pétales de roses, 20gr. de cannelle fraîche et 50gr. de racines de gingembre que vous jetterez dans un litre d’eau et 800gr. de sucre pour en faire un sirop. Laissez infuser 12 heures, filtrez et faites bouillir le sirop cinq minutes de plus afin de bien le concentrer.
Remettez les ingrédients que vous laisserez macérer douze heures de plus.
Recommencez l’opération deux fois de plus et versez la préparation obtenue dans de petits pots étanches…
Puis goûtez, sautez, dansez et embrassez qui vous aimez…