samedi 31 mai 2014

Juin



Juin est traditionnellement dédié à Junon l'irascible épouse de Jupiter; elle avait , il est vrai de nombreuses raisons de s'irriter contre son volage époux. Raison peut-être aussi de froncer le sourcil quand un des fondateurs de Rome , Junius Brutus, prétendit lui ravir le parrainage.
Juin est surtout le mois des roses et des longs jours, le mois des fenaisons odorantes, le mois des cerises, des groseilles et des framboises. La nature est généreuse, et nous offre ses fleurs sauvages, à rendre jaloux nos jardins qui n'ont de cesse de nous offrir pivoines, iris, pavots, tels qu'aucun peintre de génie ne pourra nous les montrer.


Jeff Buckley - Forget Her

vendredi 30 mai 2014

Le Frêne ou l’équilibre et la transition-


Dans les mythologies scandinaves, le frêne Yggdrasil est l’arbre de vie qui soutient le monde. Ses racines plongent dans les royaumes souterrains ; à son pied se trouve le puits d’Urd où se tient le tribunal des Dieux. Sa ramure touche au ciel et protège le monde entier. Il détient le pouvoir de faire tomber la pluie et de contenir les eaux déchaînées.
Les Celtes lui vouaient les natifs du 25 mai au 30 juin et du 22 novembre au 1° décembre. L’influence du frêne donne à ceux qui sont nés dans ces périodes un courage sans faille. Intransigeants et durs envers eux-mêmes comme envers les autres, ils sont prêts à tous les sacrifices pour assurer la réussite de leurs projets. Peu influençables, ils ont tendance à n’avoir foi qu’en leur opinion et à faire fi des conseils.
Un caractère semblable au bois clair, dur et résistant dont les Celtes faisaient des javelots, des lances et des flèches.
Vous rencontrerez le frêne en terrain frais et fertile. Il aime la compagnie de l’aulne et du chêne pédonculé. Son écorce, bien avant la découverte du quinquina était connue pour ses vertus fébrifuges et astringentes. Et c’est avec ses feuilles qu’on fait la frênette ou cidre de frêne un peu oubliée de nos jours, mais qu’on servait volontiers naguère.
La recette que je vous livre est prévue pour un tonneau de 100l.
Vous allez pendant l’été, cueillir sur l’arbre des feuilles que vous ferez sécher à l’ombre et au sec. Il vous en faut 100gr et vous leur ajouterez 150gr de chicorée torréfiée ; vous ferez bouillir le tout pendant 20 mn dans 5l d’eau. Vous laisserez macérer pendant 2h.
Pendant ce temps, vous ferez dissoudre 5kg de sucre et 60gr d’acide tartrique dans 5L d’eau chaude. Vous délayerez 75gr de levure de bière dans un peu d’eau tiède.
Votre infusion de frêne et de chicorée est froide ? Alors passez-là et versez-là dans le tonneau ; ajoutez le sirop et la levure et complétez avec 90l d’eau froide. Laissez fermenter 12 jours, bonde ouverte.
Il est temps alors de mettre en bouteille bien bouchées. Vous devrez attendre encore 15 jours avant de goûter la frênette, qui se conserve en cave, bouteilles debout.



Georges Brassens L'amandier.wmv

jeudi 29 mai 2014

Petits animaux de compagnie


Ces petites chenilles d'un vert printanier seraient charmantes, n'était leur appétit féroce.
Certes, elles sont végétariennes, mais les végétaux dont elles se régalent sont ceux justement, que vous cultivez avec amour.
Garnissez les abords de leur buffet champêtre de rameaux de genêts; elles en détestent l'odeur et s'empresseront d'aller chercher leur pitance ailleurs.

PP

George Brassens-Pauvre Martin

mercredi 28 mai 2014

L’ortie-


 L’ortie est la « mauvaise herbe » par excellence ; celle qu’on ne songe qu’à arracher, à éradiquer, l’indésirable au jardin. Quelle injustice quand on recense ses vertus qui ne sont pas minces. L’ortie secourable, depuis des millénaires s’attache aux pas de l’homme qui, l’ingrat, s’ingénie à la détruire.
Certes elle est peu séduisante, sa caresse est redoutable mais ses bienfaits en usage externe comme interne sont innombrables : elle est hémostatique, astringente et anti-diarrhéique ; elle soigne les maladies de peau, calme l’urticaire. On peut l’employer en collutoire en cas d’angine, en compresse pour les dartres et les inflammations des gencives. Jusqu’au XIX° siècle un des moyens de soigner la gangrène était une flagellation avec des feuilles d’orties.
Si ce procédé barbare vous rebute et vous fait dresser les cheveux sur la tête, avant qu’ils ne vous quittent définitivement si ce n’est déjà fait, tentez le mélange à parts égales de suc de feuilles d’orties et de graines vertes de capucine et frottez avec cette mixture les parties dégarnies. Si les disparus ne veulent pas revenir, ceux qui restent au moins pousseront avec plus de vigueur.
Nul n’ignore la saveur délicate de l’ortie en soupe ou en purée, mélangée ou non avec des épinards de l’oseille ou du chénopode. Elle favorise la digestion et le transit intestinal. Les Grecs en étaient friands et Aristophane recommandait de la récolter avant l’arrivée des hirondelles. Il faut en donner aux enfants, aux personnes âgées ou anémiées ou encore aux convalescents.
On remplirait des pages et des pages des qualités et des façons d’utiliser l’ortie. Ajoutons simplement que rien n’est meilleur que l’ortie hachée pour engraisser la volaille. Les chevaux, les ânes et les ruminants la préfèrent sèche et flétrie.
Aucun jardinier pour sa part n’ignore le purin d’orties malodorant mais efficace entre autre pour évacuer les pucerons.
Voilà donc réhabilitée une mal-aimée qui ajoute à ses bienfaits celui d’être facile à trouver, et de ne donner aucun souci de culture. Tous les jardins possèdent leur carré d’orties, qu’il n’a fallu ni planter ni semer. Et si la récolte en est parfois douloureuse, songez que les rhumatismes aussi, que la piqûre de l’ortie soulage. Comme disait ma grand-mère : « Tu as mal à la tête ? Plante-toi un clou dans la fesse ! »


mardi 27 mai 2014

Jardins de plume...


Il fallait donc imaginer un étranger dans la fraîcheur du magnolia. Il n'y aurait plus d'été. Les autres ne nous volent pas les maisons, les jardins que nous aimons. Ils viennent, simplement, et c'est une autre vie, parce que la nôtre est devenue moins forte, et ce n'est pas un sacrilège. Rien ne sera plus comme avant, mais c'est encore un peu plus triste, car ces mots-là ne vivent qu'au présent.

Philippe DELERME - Un été pour mémoire

dimanche 25 mai 2014

Jardins de plumes

... Autour de moi, à grandes pulsions égales, règnent le puissant silence et la longue ardeur du jour. Moyennant qu'on le baigne d'eau à l'aurore, et le soir au crépuscule, le jardin garde sa fraîcheur d'oasis. C'est un jardin modeste, où vous ne trouveriez pas une fleur rare. Le mûrier antique protège une ronde d'hortensias, ceux-là même que j'ai tenus vivants sur le balcon, à Paris, cadeaux de Pâques et d'anniversaires. Pâles de chlorose, ils ont pourtant des trésors d'énergie, et ma jardinière parle d'eux avec considération: "Té, ils sont de belle race, pensez, c'est des Parisiens..."
Tous les papillons de la saison vont au budleya, miel, débauche, haschisch. La couleur rouge, le rose, le jaune abondent. L'hélianthe tord sa tige pour suivre le soleil dont il est l'image, et sur les pétunias, sur le fusain fleuri les abeilles travaillent... C'est un jardin innocent, qui ne ferait pas de mal à une mouche. Tout repose, comme nous disons nous autres hommes, immobiles au milieu de l'effort incessant.
Cependant la glycine achève de desceller la grille, l'ampélopsis étouffe un géranium-lierre qui date d'avant lui, et durant que j'écris, une tentacule de vigne vierge, qui se laisse pendre comme le serpent-liane, vise un reste de treillage disloqué, tend vers lui son doigt terminal, ses vrilles encore oisives, et se met en marche....

COLETTE

Quatre vingt quinze pour cent - Brassens

vendredi 23 mai 2014

La vie des champs


".... Lorsque rappelé par les zéphyrs, le joyeux printemps invitera vos brebis et vos chèvres à errer dans les bois et dans les prairies, conduisez-les dans de fraîches campagnes, au lever de l'étoile du matin, quand le jour vient d'éclore, quand le gazon est encore blanchi par les frimas, quand la rosée, si agréable aux troupeaux, brille sur l'herbe tendre. Puis, dès que la quatrième heure du jour aura excité leur soif, et que la plaintive cigale assourdira les forêts de son chant, menez-les aux citernes ou aux étangs boire l'eau qui court dans des canaux en bois. A midi, cherchez-leur un abri dans une sombre vallée où de vieux chênes étendent leurs vastes rameaux, ou dans un bocage que l'yeuse obscurcisse de son ombre sacrée. Faites-les boire et paître une seconde fois au coucher du soleil....
quand la lune ranime la verdure des bois par une douce rosée..."
VIRGILE - Géorgiques

Glenn Miller & His Orchestra - Serenade In Blue

jeudi 22 mai 2014

Les asperges


Blanches et dodues, vertes et graciles, violacées parfois, c'est la pleine saison des asperges.
Nous ne vous conseillerons pas mesdames, mesdemoiselles, d'en chercher  sur les trottoirs en compagnie de la douce Irma et de ses consoeurs, qui "'allaient aux asperges" afin d'améliorer le train de vie de leurs julots.
Curieuse expression née de la forme assez phallique du délicieux légume... un peu fluet peut-être? Mais c'est que nos asperges sont peu de chose comparées à celles venues de Ravenne qui étaient servies sur les tables délicates de la Rome antique. Imaginez... un botte de trois asperges pouvait peser jusqu'à une livre. On les mangeait coupées en rondelles et assaisonnées d'épice. C'est bien plus tard qu'on inventa en France la sauce blanche.
France qui fut longue à donner sa place à la délicieuse asperge; au XV° siècle, on en vendait par-ci par là, à la criée. C'est La Quintinie, jardinier en chef du potager du Roy à Versailles qui trouva le moyen de la faire pousser sur couche en toutes saisons et les fit apprécier par Louis XIV. Mises à la mode par le monarque, les dames de la cour se régalèrent à leur tout d'asperges et tout particulièrement du "Potage aux asperges rompues et des asperges mitonnées dans de la crème fraîche et assaisonnée de muscade."

Glenn Miller and the Army Air Corps Orchestra: "The St. Louis Blues March "

mercredi 21 mai 2014

Joli mois de mai...

Il pleut...Médard et Barnabésont encore au ciel , mais déja il pleut! Un ou deux jours de soleil nous ont fait croire au printemps et puis... il a fallu ranimer la cheminée..
Pourtant la nature est belle, et si les roses se chiffonnent un peu sous l'averse, les bras noirs de la vigne s'ornent de feuilles tendres. Au moins, il ne gélera plus, aussi d'un ongle précis, cette vigne, ébourgeonnez-là. C'est à dire, supprimez les petits bourgeons qui sont à la base des nouvelles pousses.
Et puisque vous songez à ranger les vêtements d'hiver dans des housses parfumées de naphtaline, souvenez-vous que les hannetons détestent cette odeur et qu'une ou deux boules par mètre carré sont suffisantes pour les envoyer dans le jardin du voisin.



Glenn Miller-"American Patrol"

mardi 20 mai 2014

La Langue du Chat


" Je ne sais pas s'ils vivent avec moi. Moi, je vis avec eux. Ils ont droit à toutes les pièces. Vivant ensemble, nous nous rencontrons très souvent. On se frôle. S'ils le veulent, ils viennent jusqu'à mon bureau. Entre nous, heureusement, les échanges ne sont pas codifiés, c'est une surprise continuelle."
Bernard PIVOT

Glenn Miller Orchestra - Don't Sit Under The Apple Tree 1942

lundi 19 mai 2014

Sirop d'oranges à l'ancienne

En attendant les premiers fruits rouges, on croque les dernières pommes un peu crâpies, on ouvre les bocaux de fruits au sirop... les fruits sont rares. Heureusement, les oranges sont là! Elles sont bonnes à cette saison et en pensant aux boissons fraîches dont on aura envie cet été transformons quelques unes en sirop.
Choisissez des oranges amères et prenez 100gr d'écorce que vous ferez macérer douze heures dans 100gr d'alcool à 60°. 
Versez dessus 1 litre d'eau bouillante et laissez infuser six heures. Passez en pressant légèrement, puis ajoutez 190gr de sucre pour 100gr d'infusion, faites fondre au bain-marie et passez.
Le sirop se conserve dans une bouteille bien fermée.

Glenn Miller-In The Mood

dimanche 18 mai 2014

La mélisse

Curieusement, la Comtesse de Ségur ne parle pas de la mélisse dans "La Santé des Enfants"; elle qui n'hésite pas à mentionner la belladone, l'ipéca et le ricin, autrement nocifs si l'on en mésuse.
La mélisse ne présente d'autre inconvénient que sa tendance à envahir tout le jardin si on ne la tient pas en respect. Si vous n'en possédez pas, une voisine ne refusera jamais d'en arracher un ou plusieurs éclats pour vous contenter. On en vend bien entendu en jardinerie ce qui me semble frôler l'escroquerie; dans ce cas, n'achetez pas plus d'un godet. L'été suivant, c'est vous qui tenterez d'en revendre.
La mélisse fait partie des "Herbes de la Saint Jean". Comme son nom l'indique elle attire les abeilles; dans l'armoire, queleques branches font fuir les mites et parfument le linge. Des feuilles de mélisse donnent une saveur agréable aux boissons fraîches et même au vin; elle s'associe à la menthe pour personnaliser le thé. Hachée dans les salades, les légumes, les soupes, elle facilite la digestion.
Si vous ne la connaissez pas , du moins avez-vous entendu parler de "L'eau de mélisse des Carmes Boyer" qui sur un sucre calme vertiges et nausées. On peut toujours s'en procurer en pharmacie.
Pour ma part, je taille à tour de bras la mélisse indiscrète et je vais vous quitter pour aller effeuiller ma récolte; auparavant je vous livre la recette de "L' Eau de Mélisse d'Alma la Chroniqueuse":
Donc, vous aurez effeuillé la mélisse et laissé sécher à demi  les feuilles; il vous en faut eviron 120gr.
Ayez aussi une écorce fraîche de citron, de la noix de muscade, de la coriandre en poudre: 30 gr de chaque.
Girofle, cannelle: 15gr de chaque et 2 l. d'alcool de fruit. (Le Capt'ain de ce navire dit:" Pourquoi 2l? TAKA diviser tout par deux et prendre un seul litre!" Et alors??? si je veux en offrir???)
Bon! donc, 2l . On verse dans une bonbonne, un bocal, ce que vous avez et on ajoute mélisse et épices. On laisse macérer au tiède pendant huit jours. 
Puis on filtre et on verse dans les JOLIBOKO hérmétiquement fermés.
Vertiges, nausées, indigestions, disparaitront au moyen d'une cuiller à café de cette potion magique diluée dans un verre d'eau ou une tasse d'infusion... de mélisse. On peut aussi sur une sucre, déposer 15 gouttes pour les enfants et 30 à 40 gouttes pour les adultes à raison de quatre fois pas jour.
Attention! l'eau de mélisse n'est pas un digestif; il faut la considérer comme un médicament et surtout ne pas dépasser la dose au risque de provoquer des effets indésirables. A fortes doses, l'eau de mélisse est toxique.