mercredi 28 mai 2014

L’ortie-


 L’ortie est la « mauvaise herbe » par excellence ; celle qu’on ne songe qu’à arracher, à éradiquer, l’indésirable au jardin. Quelle injustice quand on recense ses vertus qui ne sont pas minces. L’ortie secourable, depuis des millénaires s’attache aux pas de l’homme qui, l’ingrat, s’ingénie à la détruire.
Certes elle est peu séduisante, sa caresse est redoutable mais ses bienfaits en usage externe comme interne sont innombrables : elle est hémostatique, astringente et anti-diarrhéique ; elle soigne les maladies de peau, calme l’urticaire. On peut l’employer en collutoire en cas d’angine, en compresse pour les dartres et les inflammations des gencives. Jusqu’au XIX° siècle un des moyens de soigner la gangrène était une flagellation avec des feuilles d’orties.
Si ce procédé barbare vous rebute et vous fait dresser les cheveux sur la tête, avant qu’ils ne vous quittent définitivement si ce n’est déjà fait, tentez le mélange à parts égales de suc de feuilles d’orties et de graines vertes de capucine et frottez avec cette mixture les parties dégarnies. Si les disparus ne veulent pas revenir, ceux qui restent au moins pousseront avec plus de vigueur.
Nul n’ignore la saveur délicate de l’ortie en soupe ou en purée, mélangée ou non avec des épinards de l’oseille ou du chénopode. Elle favorise la digestion et le transit intestinal. Les Grecs en étaient friands et Aristophane recommandait de la récolter avant l’arrivée des hirondelles. Il faut en donner aux enfants, aux personnes âgées ou anémiées ou encore aux convalescents.
On remplirait des pages et des pages des qualités et des façons d’utiliser l’ortie. Ajoutons simplement que rien n’est meilleur que l’ortie hachée pour engraisser la volaille. Les chevaux, les ânes et les ruminants la préfèrent sèche et flétrie.
Aucun jardinier pour sa part n’ignore le purin d’orties malodorant mais efficace entre autre pour évacuer les pucerons.
Voilà donc réhabilitée une mal-aimée qui ajoute à ses bienfaits celui d’être facile à trouver, et de ne donner aucun souci de culture. Tous les jardins possèdent leur carré d’orties, qu’il n’a fallu ni planter ni semer. Et si la récolte en est parfois douloureuse, songez que les rhumatismes aussi, que la piqûre de l’ortie soulage. Comme disait ma grand-mère : « Tu as mal à la tête ? Plante-toi un clou dans la fesse ! »


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