lundi 24 septembre 2012

Des fleurs...


" Je ne réclame de celles- ci (les fleurs) que ce qui est permis aux sens grossiers de l'homme. La lumière du microscope, projetée sur leurs secrets, il est trop tard pour qu'elle me tente. C'est bien assez que l'oxalis s'endorme avec grâce, que s'évanouisse la sensitive, que la petite grassette, si douce, referme sue l'insecte sa feuille, le tue et le digère. Le chardon à foulon, j'ai cru longtemps qu'il n'emplissait ses godets sous l'avers que pour donner à boire aux oiseaux; mais on m'apprend que dans cette eau il déploie des rets impalpables, pièges à la taille des visiteurs minuscules...
C'est trop que de m'aventurer dans la connaissance occulte de la fleur, de ses ruses, des tours de force réalisés par son appareil vexillaire. Ténébreuse en ses desseins, carnivore, insectivore, vivante partant criminelle, elle a de quoi nous confondre d'étonnement. Mais toutes les amours ne vivent pas que de s'étonner. Où allons-nous, déchirant une à une les apparences, rencontrant la vie derrière ce qui ne bougeait pas, un système nerveux sous l'écorce, le don de souffrir dans ce que nous croyions impassible? Pendant combien de temps pourrons-nous donner le nom d'inconcevable à ce qui est encore inconnu? Je songe au mot d'une enfant intelligente, avide de connaître la plante et le corolle, la balistique des pollens, la science topographique des racines, les stratégies du germe: " Mais alors, dit-elle rêveusement, il n'y a pas de végétaux? "

COLETTE - Belles Saisons - Flammarion 1955


samedi 22 septembre 2012

Mort au sureau!


Bel automne 
Vient plus souvent 
Que beau printemps.



S’il participe efficacement à la constitution de haies champêtres, le sureau  se ressème, drageonne, prolifère et devient vite encombrant. Plus on le coupe, plus il repousse dru.
Si vous voulez vraiment avoir la peau d’un sureau, coupez-le au ras du sol et enfoncez dans la souche, quelques gousses d’ail fraîches. Le bois se nécrose et meurt ; fin de l’envahisseur !

vendredi 21 septembre 2012

Ne jetez pas les épluchures



Il n'y a rien de meilleur que de croquer dans une pomme!
Mais si vous êtes civilisés et que vous les épluchez, gardez bien les pelures: toutes fraîches et additionnées d'une rondelle de citron, d'un peu de cannelle, d'un soupçon de miel et... soyons fous! d'une lichette de calvados... vous les jetez dans l'eau bouillante. Laissez macérer à tout petit feu. En cinq minutes voilà de quoi vous réchauffer au retour d'une ballade en campagne.
P.

mercredi 19 septembre 2012

C'est encore l'été...


"Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise..."(????)

Mais les dahlias sont pas mal non plus...


Mûres mûres



Il n'y a pas grand chose à faire au jardin par ces temps-ci, à part arroser, nettoyer, récolter.
Cela vous donne le temps d'aller aux mûres qui commencent à noircir.
Attention à ne ramasser que celles qui sont en hauteur:les renards qui s'abritent et se soulagent dans les ronciers sont atteints d'une maladie (demandez son nom à votre vétérinaire), transmissible non seulement aus animaux , mais aussi à l'homme pour qui elle est mortelle.
Et le mieux serait encore de se passer de mûres cette année et de relire Philippe Delerme:


Aller aux mûres-
C’est une ballade à faire avec de vieux amis, à la fin de l’été. C’est presque la rentrée, dans quelques jours tout va recommencer ; alors c’est bon, cette dernière flânerie qui sent déjà septembre. On n’a pas eu besoin de s’inviter, de déjeuner ensemble. Juste un coup de téléphone, au début du dimanche après-midi :
-Vous viendriez cueillir des mûres ?
-C’est drôle, on allait justement vous le proposer !
On s’en revient toujours au même endroit, le long de la petite route, à l’orée du bois. Chaque année, les ronciers deviennent plus touffus, plus impénétrables. Les feuilles ont ce vert mat, profond, les tiges et les épines cette nuance lie-de-vin qui semblent les couleurs mêmes du papier vergé avec lequel on couvre livres et cahiers.
Chacun s’est muni d’une boîte en plastique où les baies n’ s’écraseront pas. On commence à cueillir sans trop de frénésie, sans trop de discipline. Deux ou trois pots de confitures suffiront, aussitôt dégustés aux petits déjeuners d’automne. Mais le meilleur plaisir est celui de sorbet. Un sorbet à la mûre consommé le soir même, une douceur glacée où dort tout le dernier soleil fourré de fraîcheur sombre.Les mûres sont petites, noir brillant. Mais on préfère goûter en cueillant celles qui gardent encore quelques grains rouges, un goût acidulé. On a vite les mains tachées de noir. On les essuie tant bien que mal sur les herbes blondes. En lisière du bois, les fougères se font rousses, et pleuvent en crosses recourbées au-dessus des perles mauves de bruyère. On parle de tout et de rien. Les enfants se font graves, évoquent leur peur ou leur désir d’avoir tel ou tel prof. Car ce sont les enfants qui mènent la rentrée, et le sentier des mûres a le goût de l’école. La route est toute douce, à peine vallonnée : c’est une route pour causer. Entre deux averses, la lumière avivée se donne encore chaude. On a cueilli les mûres, on a cueilli l’été. Dans le petit virage aux noisetiers, on glisse vers l’automne.


lundi 17 septembre 2012

Par ici la bonne soupe...

L'épinard, ce mal aimé... "C'est pas bon!" - "Mais faut en manger, c'est bon pour la santé."
Le  pain rassis, ce remord pâteux... "On ne jette pas le pain!" - "D'accord, mais rassis c'est pas bon!"
On peut tout concilier...
Coupez le pain en tartines que vous éviderez si nécessaire (la mie pour les oiseaux), que vous beurrerez et que vous ferez dorer à four doux.
Les épinards, maintenant: vous les faites tomber dans un peu de beurre, vous pouvez leur ajouter quelques feuilles d'oseille, sel, poivre, muscade, un peu de parmesan. Quand c'est cuit, vous retirez du feu et vous ajoutez quatre blancs d'oeufs battus en neige (pour 350gr d'épinards).
Vous garnissez vos tartines (que vous aurez pris soin de sortir du four avant qu'elles ne spient carbonisées), vous saupoudrez de parmesan et vous repassez le tout au four 6mn environ.
On peut faire la même chose avec des fanes de radis ou de navets ou avec les grosses feuilles de la salade.

jeudi 13 septembre 2012

Attention... poison!


Colchiques dans les prés, Fleurissent, fleurissent. Colchiques dans les prés, C'est la fin de l'été....

Voilà pourquoi elle signifie: "Mes beaux jours ont passé."



dimanche 9 septembre 2012

Les mots des fleurs


Voici venir bientôt les premières gelées et le temps de rentrer les géraniums. On me dit que la fleur écarlate de certains signifierait "sottise"... de qui l'offre ou de qui le reçoit???
Le géranium sauvage dit encore "herbe à Robert" , lui, ne gèle pas et signifie éloquence.
On peut en dire des choses avec une simple fleur!
Les orientaux composent des bouquets qui sont de véritables messages; cela s'appelle un selam.
Voulez-vous un exemple?
"Pour toi sa main d'albâtre et choisit et moissonne
La pâle violette (modestie) et la riche anémone (abandon),
Joint la fleur du narcisse (égoïsme) au parfum du muguet (retour du bonheur)
Et d'heureuses couleurs nuance son bouquet,
Entrelace avec art et mollement oppose
L'hyacinthe (jeux) aux pavots (sommeil), les soucis (soucis!!!) à la rose (beauté).

Et maintenant, à vous de jouer...
PP

jeudi 6 septembre 2012

La Rose






« De mémoire de rose, on n’a jamais vu mourir un jardinier ». Ainsi parlait la fleur chérie du Petit Prince.
Aussi, jardiniers, mettez des roses dans vos parterres… « Roses de toutes sortes, rêveuses sans repos, qui ne dormez jamais tant votre odeur est forte » disait un autre poète dont le nom ne me revient pas.
Les poèmes qui chantent les roses, sont aussi nombreux que celles qu’ils célèbrent. Roses de toutes couleurs, de toutes senteurs ; rosiers grimpants, rosiers buissons, roses thé, roses choux, roses pompons, cuisse de nymphe et même, cuisse de nymphe émue… toutes descendent de l’églantine, la « Rosa Canina » dont Charlemagne encouragea la culture car elle guérissait de la rage.
C’est au XIII° siècle que Thibaut IV de Champagne, le poète, rentrant des croisades fit planter aux environs de sa bonne ville de Provins , la Rose de Damas, qui n’était autre en fait que la Rosa Gallica connue en Europe depuis la plus haute antiquité. Devenue la Rose de Provins, elle fleurit encore nos jardins et de nombreux espaces publics, après avoir donné ses gênes à toutes ces roses qui nous émerveillent.
Car la Rose, reine des fleurs est comme toutes les vraies aristocrates d’une grande simplicité. Elle est robuste et de culture facile. Ni le froid, ni les grandes chaleurs ne la rebutent. Si elle aime une bonne terre de jardin bien amendée, une « terre à blé » plutôt argileuse lui conviendra tout aussi bien. Comme toutes les fleurs elle apprécie un bon arrosage – le soir et au pied de préférence- mais le manque d’eau s’il la rend moins belle ne la fera pas mourir.
Ni les grands froids, ni les grandes chaleurs ne lui sont funestes. Les pucerons, l’oïdium, dévasteront ses fleurs et ses feuilles, mais après l’avoir bien taillé, votre rosier repartira vigoureusement l’année suivante. La rose sait se comporter dans toutes les situations.
Des champs entiers de roses destinées à la parfumerie sont cultivés dans la région de Grasse et l’on ne peut se dispenser d’avoir à la maison un flacon d’eau de rose qui sert aussi bien à rafraîchir le visage qu’à parfumer certains desserts.
Car la rose ne se contente pas d’être belle et d’embaumer, elle est aussi délicieuse en friandise. Avez-vous goûté des loukoums à la rose ? Effeuiller quelques pétales dans un infusion, non seulement la parfume, mais encore la rend astringente et contribue à calmer les maux de gorge . Louis XI prenait des bains dans lesquels flottaient pétales et boutons de roses.
Et comme la rose est aussi la fleur des amoureux essayez ce délicieux « Confit des Amants » .
Il vous faut 500gr. de pétales de roses, 20gr. de cannelle fraîche et 50gr. de racines de gingembre que vous jetterez dans un litre d’eau et 800gr. de sucre pour en faire un sirop. Laissez infuser 12 heures, filtrez et faites bouillir le sirop cinq minutes de plus afin de bien le concentrer.
Remettez les ingrédients que vous laisserez macérer douze heures de plus.
Recommencez l’opération deux fois de plus et versez la préparation obtenue dans de petits pots étanches…
Puis goûtez, sautez, dansez et embrassez qui vous aimez…

mardi 4 septembre 2012

Fleurs voyageuses


Il fait chaud et vos fleurs doivent voyager. Comment faire pour qu'elles arrive à destination aussi fraîches que s'il elles venaient d'être cueillies?

Procurez vous une boite en bois de la taille du bouquet que vous ferez tremper pendant une heure; tapissez-là de papier journal humide; placez-y les fleurs et fermez bien.
Cet emballage leur donnera toute l'humidité dont elles on besoin pendant le transport.

lundi 3 septembre 2012

Le panier de la glaneuse


La Bardane-

Pour être la plus belle, glaneuse, il faut d’abord te tenir droite. On te l’as assez seriné : « Tiens-toi droite ! Si le vent passe, tu resteras bossue ! »
Et après, ma foi, tu as  fait ce que tu as voulu, tu  n’as pas écouté Mamie et tu récoltes torticolis et douleurs articulaires… c’est pas marrant !
Et ce qui n’est pas marrant non plus, ce sont ces indiscrètes, collantes, irritantes fleurs de bardane qui s’agrippent aux manches de ton  pull, aux poils du chat, aux poils du chien, qui grattent en plus et dont tu peines à venir à bout.
Sois philosophe glaneuse, souviens-toi que de tout mal peut venir un bien et songes à glaner la bardane.
Après l’avoir coupée, tu brûleras ses fleurs pour éviter qu’elles ne se propagent car la bardane est envahissante. Tu  garderas les feuilles que tu  conserveras dans de l’huile pour en faire un cataplasme.
Tu  peux aussi procéder comme suit en faisant  macérer des feuilles fraîches de bardane pendant douze heures dans de l’eau salée. Tu les poseras ensuite aux endroits douloureux et tu les garderas pendant deux heures.
Et le mal est envolé, tu seras glaneuse,  la plus belle pour aller danser !!!!

dimanche 2 septembre 2012

Menu de fête



A Saint-Avold en Lorraine, le dimanche le plus proche du 24 août, a lieu la fête patronale. On promène à travers la ville les reliques de saint Nabor. Cet exercice donne faim et les Lorrains ont traditionellement bon appétit; ce sont des "cheulards" (gourmands).
Voici donc le menu, extrait du grand calendrier de Saint-Avold pour l'année 1891, de la Taverne du Bouclier d'Or:

La soupe de grenouilles du Roderisse (c'est un lieu-dit)
Les écrevisses de la Misse (autre lieu-dit)
Le Rôti de Chevreuil du Walenberg
Le jambon de sanglier du Steinberg
Le chou de la Houmrichwiese
Le jeune porcelet de la Diesen
La salade Minnien aux oeufs durs
Les carpes de l'étang d'Odrefang.
DESSERT
Les grosses prunes Rambou du Filsberg
Les poires du Geckenberg
Le fromage de campagne d'Altwiller
Les petits pains au lait de mûres
Les noisettes d'août de la forêt de Saint-Avold
Le gâteau au miel du vieux Jean.
CRUS
Le vin rouge et blanc du Hepstaberg
La bière aux céréales du Kritzberg
Le cidre de la forêt du Ostastilchen
L'eau de miel de la Blaumilehen.

Et après çà, comme on dit chez nous: "S'il te faut encore quelque chose, on te fera monter de la bière!"

samedi 1 septembre 2012

Les pommes de terre au lard à l'étouffée.

Tout a commencé quand Anne (des Ocreries) m'a donné tout un cageot de semences de "Spunta".
C'est quoi "Spunta"?  Une pomme de terre géante qui a la tenue et la saveur d'une ratte du Touquet. Si, si!
La Spunta est précoce; elle se ramasse avant les autres, c'est à dire à la fin d'août.
Or donc, nous disposions ces jours derniers d'une belle récolte de Spunta et aussi d'un très beau morceau de lard fumé maigre en provenance de chez "Guy Guy", charcutier sur le marché de Trouville, mais dont nous avons récemment découvert qu'il poussait l'aventure jusqu'à Dreux.
Nantie de ces deux excellents produits, il ne restait plus qu'à faire l'emplette de côtes premières d'agneau. Mais là, désillusion: le nouveau boucher de la place St Jean à Verneuil, ne vaut pas celui qu'il a remplacé; les côtes d'agneau furent moyennes.
Notez au passage la simplicitéd'une matinée de courses alimentaires dans le secteur et nous ne parlons ici que d'un seul repas en omettant la recherche de pain, de fruits et de légumes...et de boisson.
Bref, tous ces éléments étant rassemblés et puisque certains lecteurs semblent apprécier les recettes Lorraines de la tante Titine, confions-leur celle des pommes de terre au lard de la mémère Clémentine (soeur de la précédente).
Tandis que vous épluchez les Spunta et les coupez en frites(une pour deux personnes peut suffire), faites bouillir une grande casserole d'eau peu salée.
Normalement, l'eau se met à frémir au moment où vous avez fini de traiter les patates; il peut y avoir décalage mais en principe, çà se passe comme çà.
Maintenant, vous jetez vos frites dans l'eau bouillante que vous avez arrêtée: il ne s'agit pas de cuire, juste d'ébouillanter. Vous les laissez dan l'eau juste le temps de détailler votre lard en lardons.
Ensuite, tandis que vous égouttez les pommes de terre, vous faites chauffer une cocotte en fonte; dès qu'elle est chaude, mettez les lardons que vous laisserez suer. Certains ajoutent du saindoux ou de la graisse d'oie. Pas moi... sauf si...un reste de bon confit réclame une utilisation... même dans ce cas, ayez la main légère.
Le temps que je vous explique, les lardons ont commencé à dorer, c'est le moment d'ajouter les pommes de terre; vous mélangez bien et si aucune autre graisse n'est présente, vous pouvez arroser d'un filet d'huile d'olive.
Baissez le feu, couvrez; les pommes de terre ne seront pas rôties mais cuites à l'étouffée dans le parfum du lard et de l'ail, car il est temps maintenant d'éplucher et de presser au presse-ail, un certain nombre de gousses. Il est difficile de préciser combien, tout dépend de la taille des gousses et de votre tolérance à l'ail. N'oubliez pas toutefois d'ôter le germe, si vous ne voulez pas faire fuir d'un souffle puissant jusqu'aux poneys du voisin sans compter votre chienne qui vient de se régaler d'on ne sait quelle pourriture trouvée sur le compost.
Ajoutez l'ail; inutile de saler, le lard devrait suffire; en revanche,poivrez d'un peu de mignonnette. Remuez, couvrez, et laissez étouffer à feu doux.
Quant aux côtes d'agneau, faites-les griller comme vous aimez et le temps de passer à table, vous les poserez sur les pommes de terre pour les garder au chaud. Pommes de terre qui sont à peine dorées, sauf au fond de la cocotte où une légère couche aura caramelisé sans trop attacher: c'est le "cramé", le meilleur!
Attention! cramé ici ne signifie pas brûlé. Sauf chez une mienne cousine (par alliance), dont la mère, cuisinière incendiaire s'il en fût et qui vivait en pays minier. Son "cramé", dont un jour elle m'infligea une généreuse portion semblait issu tout droit de la marmite souterraine du Diable de la mine. Tant il est vrai qu'entre rôti et brûlé, il n'est que le temps d'une petite distraction.