mercredi 2 septembre 2015

LA COULEMELLE








Septembre, mal remis encore des sécheresses et canicules de l’été, n’est pas aussi généreux qu’il le souhaiterait. Quelques baies sauvages ne valent pas le temps qu’on passe à les ramasser et à les traiter… sans compter les risques de désagréments internes que pourraient provoquer celles qu’on aurait pris pour d’autres.
Mais si, quand se montre le premier croissant de la lune, quelques ondées ont humidifié les bois et les sentiers, glaneuse prend ton panier, hume l’odeur d’humus et de champignon, suis le conseil de ton nez et pars à la rencontre de celle que tu ne peux ni manquer ni confondre : la lépiote élevée, dite encore coulemelle.
Sa large ombrelle surmontant un pied élancé, elle nappe les sous-bois, se dresse même en travers du chemin, surprenant le chien court sur pattes. Laisse glaneuse, le lépiote âgée, aux lamelles brunâtres ensemencer les lieux et préfère celles qui sont encore fraîches et roses, voire même au chapeau encore refermé. Aucun risque de la confondre avec l’une ou l’autre dangereuse amanite ; plus petites, elles ne se montrent pas à la même saison. Consulte toutefois ton manuel qui saura t’expliquer les différences de volves et d’anneaux, puis sans crainte, remplis ton panier.
Certes, la coulemelle n’est pas un des « grands » champignons que sont le cèpe, la girolle ou la très distinguée morille. Elle saura néanmoins parfumer sauces et rôtis beaucoup mieux que le caoutchouteux champignon de Paris. Poêlée avec un peu d’ail, peu ou  pas d’herbes afin de laisse son parfum s’exprimer, elle ennoblira les pâtes et le riz.


Ramasse, ramasse glaneuse, la coulemelle est généreuse ; elle se congèle parfaitement et saura au cœur de l’hiver te faire souvenir du soleil doré de septembre.

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