dimanche 9 novembre 2014

En Novembre s'il a tonné, l'hiver est avalé.

Un parc arboré qui se respecte, réclame à son sylviculteur  un salisburia...
Qu'est-ce donc, demande interloqué l'ami des arbres? Un Gingko Biloba répondent les arbres...
L'ami des arbres possède-t-il quarante écus, ou l'équivalent  en euros? C'est la somme que paya un riche amateur au rusé jardinier qui en rapporta de Chine quelques plants dissimulés dans son chapeau. Depuis, tout arboretum un peu distingué montre à ses admirateurs un exemplaire au moins de l'exotique espèce. 
Il est simple de nos jours, de trouver un Gingko dans toute bonne pépinière mais il y a quelques siècles, ce n'était pas le cas.
Ainsi le botaniste Trochereau, ami de Jean-Jacque Rousseau et qui herborisait avec lui, avait à Feuillancourt une propriété à laquelle pensait-il, il manquait un Gingko. Il avait aussi pour voisin le duc de Noailles qui lui en possédait un.
Il manquait à Trochereau un Gingko; il manquait au duc la société de Rousseau à qui rien ne manquait sauf le calme et la solitude qui convenaient à sa misanthropie. Le duc de Noailles promit au botaniste un rejet de son arbre s'il parvenait à lui faire rencontrer le sauvage philosophe.
Chacun sait que pour un plan, un semis, une bouture, tout jardinier est prêt à réorganiser le monde. Trochereau organisa le hasard et entraîna Rousseau dans le parc de Noailles un jour où le duc n'était pas censé s'y trouver... Il y était! 
La rencontre eut lieu mais jamais Rousseau ne remit les pieds chez son collaborateur qui se consola en regardant pousser  l'Arbre au Quarante Ecus, prix de sa trahison.

1 commentaire:

LOU a dit…

J'aimerai bien en avoir un dans mon jardin, mais je crains l'ampleur qu'il prendrait...