jeudi 6 février 2014

Jardins de plume



Une glycine libre gagne la charmaie au-dessus d'un couloir en galerie forestière. Elle fleurit dans les hauteurs, occupe une canopée sous laquelle se développent les skimmias, les osmanthes et les houx. Le chemin étroit maintenu par l'émondage discret des seringas et d'une rose liane débouche sur la chambre de l'Ouest. Aux trois quarts formée d'arbustes persistans à l'aise dans le sol acide et frais de ce contrebas, elle marque la limite du jardin, le long du chemin "des mariages et des enterrements". En ce point précis se trouvait la barrière où Sylvain amenai t les vaches à paître. Les lysichitons du Kamtchatka remplacent les ronces dans le limon et la boue. Quelques clethras d'été et corylopsis d'hiver rompent l'ensemble d'azalées et rhododendrons capables d'exubérence entre mai et juin. Le tableau des couleurs varie chaque année. En cas de coïncidence de floraison entre Fannie à pompons roses et Beethoven d'un violet profond, généralement décalés dans le temps, les harmonies anglaises renforcées par Irène Koster et Cocktail s'accroissent jusqu'à concurrencer les chapeaux de la reine. La chambre de l'Ouest, la plus ancienne du jardin, est une concession faite à la tradition des jardins fleuris. Elle ouvre l'un de ses côtés sur le salon des berces.

Gilles CLEMENT - Le salon des berces

1 commentaire:

Veronica B a dit…

Je rêve de seringat et de rosiers lianes pour monter et embrasser le ciel ...