samedi 24 septembre 2011

La vie des champs

"Heureux... celui qui connaît les divinités champêtres, Pan, le vieux Silvain et les nymphes! Rien ne trouble la paix de son coeur, ni les faisceaux que donne le peuple, ni la pourpre des rois, ni la discorde armant des frères perfides.... ni les triomphes de Rome, ni la chute des empires. L'indigence ou la richesse ne l'émeut ni de pitié ni d'envie. Content de cueillir les fruits que ses arbres et ses champs ont produits d'eux-mêmes, il ne s'embarrasse ni de la rigueur des lois, ni des clameurs insensées du barreau, ni du dépôt des archives publiques."

VIRGILE (Géorgiques)

jeudi 22 septembre 2011

Jardins de plumes



La terre aussi, libre de redevances, sans être violée par le hoyau, ni blessée par la charrue, donnait tout d’elle-même ; contents des aliments qu’elle produisait sans contrainte, les hommes cueillaient les fruits de l’arbousier, les fraises des montagnes, les cornouilles, les mûres qui pendent aux ronces épineuses et les glands tombés de l’arbre de Jupiter aux larges ramures. Le printemps était éternel et les paisibles zéphyrs caressaient de leurs tièdes haleines les fleurs nées sans semence. Bientôt après, la terre, que nul n’avait labourée, se couvrait de moissons, les champs, sans culture, jaunissaient sous les lourds épis ; alors des fleuves de lait, des fleuves de nectar coulaient ça et là et l’yeuse au vert feuillage distillait le miel blond.


Ovide – Métamorphose – I – III

mardi 20 septembre 2011

jardin d'automne


Adieu mon jardin d'été,
Le vent du nord t'a emporté.
Les feuilles mortes tourbillonnent,
Bonjour mon jardin d'automne.

Souris, mulots et campagnols,
Ont croqué les noix sur le sol.
Etourneaux, merles, tourterelles,
Nous ont volé les mirabelles....

samedi 17 septembre 2011

Y'a un truc




Comme vous savez, on n'apprécie guère les désherbants par ici. De même, qu'on n'y trouve pas de "mauvaises herbes". Seulement, certaines graminées et autres rampantes, certaines de leur impunité en profitent pour prendre leurs aises principalement entre les dalles des allées et terrasses. Qu'elles prennent garde toutefois, qu'elles prennent garde...  à l'Eau de Javel! Certes, ça ne sent pas bon! mais c'est efficace.
Donc envahissantes, gare à vous! J'attendrai un jour sans pluie, je nettoierai au jet la surface que vous occupez indûment et vous serez ensuite arrosées d'Eau de Javel , à deux reprises et à 48 heures d'intervalle...
Oui, oui, voilà ce qui va vous arriver puisque vous ne savez pas rester raisonnables....

vendredi 16 septembre 2011

Mots d'auteurs

... Pour la grille, un enfant la franchirait, la serrure est un jouet. Je n'ai même pas écrit sur l'un des piliers:"Vieil écrivain méchant." pourtant je me sens enfin redoutable, et quand je tâte du pied le sol, mes plantes nues savourent la différence profonde qui existe entre l'allée sableuse et le sirupeux asphalte de la petite route.
Mes plus proches ont passé avec moi la frontière. Mais mes plus proches n'ont pas tous deux pieds. La chatte et mes proches admis, je m'enferme avec délices dans mon univers préféré, où les échanges se font par le cri, le chant et le silence, par les battements du coeur et le regard.

Mes élus sont nombreux, et plus que moi sauvages. Si vous pressez du doigt le bouton de la laide sonnette, encastré dans le pilier gauche, personne ne vous ouvrira. Mais de la rosace en faux marbre et métal oxydé vous verrez s'élancer par centaines mes fourmis rousses, chacune menaçant l'intrus:" On a sonné? Qui a sonné? Qui s'est mêlé de sonner?" Au second appel, c'est par milliers qu'elles sortent. Je ne les ai pas dressées, c'est elles qui, établies dans le pilier creux et la case pour les lettres, m'ont formée à ne les jamais déranger. Vous persistez à vouloir entrer? Eh, mon Dieu, je vous donne le secret: vous n'avez qu'à soulever le loquet de la grille.
COLETTE - Belles saisons-


mardi 13 septembre 2011

La Golmotte

A qui l'on dit aussi Amanite Rubescente, histoire de pas causer patois et d'avoir l'air un peu scientifique.
En voici une envers laquelle on doit se montrer circonspect. C'est un excellent champignon comestible, à la saveur délicate, mais qui n'en porte pas moins un nom redoutable, et qui peut, si l'on est distrait, se confondre avec la redoutable "Panthère"..
(golmotte à gauche - panthère à droite)
J'ai fait connaissance de la golmotte il y a bien longtemps à Verzy en Champagne. Elle y prospérait aux pieds de ces arbres aux formes magiques et qu'on ne rencontre que dans ce territoire du sud-est de Reims.
J'avais peut-être douze ans et fort impressionnée par mon guide, le "père Socrate", mangeur d'amanites et néanmoins vivant.
Depuis , je n'en ai plus guère rencontré, mais cette année, dans un petit bois que nous avons, elle s'étale en nappes. Je la reconnais: c'est ELLE! Son sosie, la panthère est plus haute, plus grêle et livide; elle a mauvaise mine. Et ce n'est pas la cas de la dodue golmotte au teint de la couleur dont Homère parait les doigts de l'Aurore. Mais elle reste une amanite voyez-vous... pourtant... elle est si tentante que j'en remplis un (petit) panier...
A l'aide de mon "bon" livre des champignons, je la détronche avec soin puis, quand même, je vais consulter le pharmacien qui, de toute évidence, s'y connait encore moins que moi. Et son bouquin, pour être plus volumineux que le mien ne nous en apprend pas plus. Il la reconnait pourtant. Oui, c'est bien une rubescens (admirez: on a perdu le TE et maintenant on latinise). Mais son code de déontologie lui recommande de me déconseiller d'en garnir une omelette, ni même d'en parfumer une sauce. Il est toutefois plus honnête qu'un pharmacien lorrain de mon enfance qui, devant chaque récolte qui lui était soumise disait d'un air dégoûté:" Pas bon, ça! pas bon du tout... laissez-les moi, ça vaudra mieux!". Le novice mycologue repartait soulagé; le pharmacien lui, s'en régalait et n'hésitait pas à faire des bocaux du surplus.
Moi j'ai gardé ma récolte et suis allée illico consulter mon frangin; qui lui aussi a reconnu la golmotte, mais m'a remis en mémoire la règle d'or familiale concernant le doute mycologique: on n'en mange d'un champignon mal connu qu'en compagnie d'un tiers expérimenté qui partage notre brouet. Raison pour laquelle nous n'avons plus cueilli et encore moins mangé de golmotte depuis le temps de Verzy et du Père Socrate.
Aussi, n'ayant nulle envie d'aller consulter ce monsieur là où il se trouve aujourd'hui j'ai, l'âme en deuil et la conscience pure, versé ma récolte dans la corbeille aux épluchures de ceps, et suis allée la déverser dans le petit bois et se rendra utile en nourrissant biches et chevreuils et en ensemençant le terrain pour l'année prochaine

lundi 5 septembre 2011

La poirée

Jardiniers prévoyants,  vous aurez en septembre planté les pieds de poirée qui vous donneront des feuilles de l’automne au printemps. Car avec l’automne , revient le temps des soupes et quoi de meilleur un soir d’octobre que deux tartines de beurre salé trempées dans une bonne soupe de poirée ?
La poirée est en fait une betterave cultivée pour ses feuilles. Certaines variétés  oranges, rose, rouges, permettront au potager de rivaliser avec le jardin d’ornement. N’espérez pas pour autant servir à table des compositions artistiques : la couleur disparaît à la cuisson. .
La poirée se cuisine comme les épinards et fait d’excellents gratins. Pour la soupe, il ne vous en faut qu’une grosse poignée, un oignon et  trois ou quatre pommes de terre. Quelques feuilles d’oseille réveilleront agréablement la poirée de saveur plutôt nonchalante.
Les épices seront modestes : deux clous de girofle, une branchette de thym et quelques brins de persil suffisent.
Au moment de servir, un trait de crème fraîche n’est pas à dédaigner.
La poirée riche en vitamines et sels minéraux, pauvre en glucides, possède aussi prise en décoction, des vertus laxatives.
Pline l’Ancien l’a signalée et,  au Moyen-Age, le capitulaire De Villis la recommandait.

vendredi 2 septembre 2011

L’hirondelle en septembre abandonne
Le ciel refroidi de l’automne

Elles sont parties ! Les nuits et les matinées sont de plus en plus fraîches. Les premières gelées ne tarderont pas.
Les tomates qu’un été médiocre a rendues tardives sont au mieux de leur forme et de leur saveur. Pour ne pas perdre celles qui n’arriveront pas à maturité, consultez la météo. La télé pour une fois se rendra utile.
Ramassez les toutes ; enveloppez-les une à une dans du papier journal (il y a encore de beaux jours pour la presse écrite). Placez-les dans des caisses que vous tiendrez dans un endroit sombre à l’abri des gelées, des souris, des rats et autres prédateurs.
Au fur et à mesure de vos besoins, vous les sortez d l’ombre et vous les mettez dans une pièce claire et ensoleillée. L’idéal est une véranda. Elles finiront de mûrir et vous offriront un souvenir d’été au début de l’automne.
Et si ça ne marche pas, vous avez toujours la ressource de faire du coulis dont j’ai dû vous donner la recette un jour ou l'autre.
Au fait, l’été n’est pas fini…mais, on ne sait jamais…