mercredi 3 mars 2010

LES VIOLETTES

Saint-Adrien amène la glace
Ou fait que l’hiver trépasse.

Les premières violettes montrent le bout de leur nez : timides, modestes, pas impériales du tout !Avant que le cinéma ne s’en empare, l’opérette « Violettes Impériales » a fait triompher sue la scène de Mogador le couple ineffable et mélodieux : Marcel Merkes et Paulette Merval. La musique était de Vincent Scotto.
En 1952, Francis Lopez prend la relève et nous offre par la voix de Luis Mariano, l’inoubliable : « L’amour est un bouquet de violettes »
Car oui,  la violette est  fleur d’amour : celui  de Don Juan pour Violetta, mais aussi celui d’Hadès pour Proserpine.
La fille de la déesse des moissons en cueillait un bouquet. La violette est courte de tige et Proserpine dut se baisser. La croupe juvénile tendue vers le ciel émut Hadès qui passait par là ; l’émut au point qu’il enleva la belle et l’entraîna  dans les profondeurs de ses sombres domaines pour lui faire subir le destin que de prudes aïeules ont décrit comme « pire que la mort ». On peut imaginer que l’outrage fut supportable puisque la victime ne tenta pas d’échapper à son ravisseur qui en fit sa légitime épouse.
Des trois frères qui se sont partagé l’Univers, le terrifiant Prince des Enfers n’était cependant pas le moins accommodant puisqu’il accepta pour apaiser sa belle-mère de laisser son épouse passer au soleil la moitié de l’année.
Néanmoins, ces violettes qu’aimait tant Proserpine sont devenues depuis cette aventure un des symboles du deuil. En couture naguère, leur couleur, le violet était avec le gris le ton du « demi-deuil » que l’on revêtait dès qu’il était décent de quitter le noir, ce qu’on nommait : « porter le deuil ».
De nos jours on ne « porte » plus le deuil ; on va chez son psy qui aide à « faire le deuil ». De toutes façons, ça dure un an.
La violette n’est pas qu’odorante, émouvant et décorative. Elle entre dans la composition de la « Tisane des quatre-fleurs », qui au fil du temps (tout augmente !) est passée à sept composantes. Elle est souveraine en cas de bronchites, laryngites et toux rebelles.
Il vous faut 15gr de chacune de ces plantes : molène (bouillon-blanc), coquelicot, guimauve, mauve, pied-de-chat, tussilage et  violette. Dans de l’eau bouillante, vous laissez infuser pendant 10mn , ½ cc du mélange par tasse. Prenez 4 à 5 tasses par 24 heure pendant les 1° jours, puis diminuez progressivement.
La violette est légèrement laxative ; sa racine, prise en décoction, est vomitive et purgative.

P.





1 commentaire:

Enitram a dit…

J'adore le parfum de la violette comme ma grand-mère! C'est grave docteur?