dimanche 21 mai 2017

De la pensée positive au jardin…
Ou comment venir à bout des dégâts causés par certains passants peu scrupuleux.
Etant bien établi qu’il n’y a pas de « nuisibles » dans la nature, que tout excès est le fruit d’un manque, comment se protéger de la gourmandise des lapins ?
Des lapins c’est bien simple, quand on rentre ici le soir, on se croirait dans le monde de Béatrix Potter.
C’est charmant ! Ce qui l’est moins, c’est de constater au matin, que les jeunes plants tendrement mis en terre la veille se retrouvent rongés ou dans le meilleur des cas, culbutés racines en l’air. Plus de tulipes, plus de dahlias…certes bulbes et tubercules sont comestibles et les lapins plus aventureux que nous s’en régalent à notre grand désespoir.
Dans le milieu du siècle dernier, un voisin châtelain exaspéré leur a collé la myxomatose, exploit dont le village s’enorgueillit encore aujourd’hui. Il n’y a pas de quoi ! Ces lapins malades sont horribles à voir et puis quoi ? ma propriété n’est qu’un modeste jardin !
Ne comptons ni sur le renard, ni sur la fouine ou la belette ; déclarés nuisibles, les chasseurs leur font une guerre sans merci, raison pour laquelle le lapin prospère. Alors, il y a des trucs : crottes des chiens, litière du chat, poils et cheveux des uns et des autres… Il suffit d’une pluie pour que l’effet soit aboli. Le grillage ne les arrête qu’un temps. Et puis quoi ? ils sont sympa ces lapins. Déjà je regrette les taupes qu’une implantation d’euphorbe épurge a poussées à déménager. Pourtant je veux des fleurs, et des fraises et des salades ; du moins qu’ils m’en laissent une partie !
Tout problème a sa solution ; l’une d’elle consiste à observer. C’est essentiel au jardin. Quelles sont les plantes auxquelles il ne touchent pas et il y en a : les hémérocalles par exemple et aussi le héllébores ou encore les ajugas . Ensuite, aller demander à Google (que ferions-nous sans lui ?) s’il en existe d’autres et elles existent bel et bien. Allez-y ; les lister ici rallongerait trop cet article qui déjà n’est pas court.
Et puis, si on s’entête à vouloir tulipes , dahlias, arbustes fleuris, eh bien il y a le pot ! la jardinière. C’est une autre façon de paysager un jardin. Il en faut de toutes tailles du très grand pour les arbustes tels que rhododendrons ou camélias qui seront installés à demeure aux plus petits, voire précieux qu’on rentrera l’hiver. Et puis laisser aller son imagination : une souche biscornue et creusée c’est un pot ; un panier aimé qui s’en va par le fond, peut habiller un pot ordinaire et devenir corbeille fleurie ; tout ce qui vous tombe sous la main peut devenir jardinière.
Autre avantage : plus besoin de gratter ou nettoyer l’emplacement. En posant le pot, on s’aperçoit que nombre d’adventices sont de parfaits couvre-sols. On peut ainsi laisser prospérer le bouton d’or qui se marie admirablement au myosotis ; les violettes si envahissantes font d’agréables coussins verts ; le lierre terrestre pousse ses dentelles jusque dans les allées ; on peut laisser la bryonne qui cherche à étouffer tout ce qu’elle touche, fleurir et rougir tout l’été ; jusque à la bardanne dont peut laisser les feuilles s’épanouir en larges évantails (couper quand même les fleurs avant qu’elles ne décorent les poils des chiens et du chat).

Alors me direz-vous, c’est le jardin des mauvaises herbes ? Il n’y a pas de mauvaises herbes pas plus qu’il n’y a de nuisibles ! L’homme est là non pour maîtriser la nature qui est bien plus forte que lui, mais pour en tirer parti en lui demandant poliment et gentiment son concours.

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