samedi 7 janvier 2017

Le radis noir

Notre époque manque d'humour: depuis que les curés s'habillent comme tout le monde, on ne peut plus les désigner sous le terme choisi de "radis noir". Ce n'était pourtant pas leur faire injure que de les comparer à cette racine au délicat goût de noisette, bien supérieur au petit radis rose ne serait-ce que parce qu'il est moins énervant à éplucher. C'est encore moins long si on le sert découpé en rondelles dans sa peau d'ébène, avec une noix de beurre des Charentes, quelques grains de fleur de sel de Guérande, le tout sur une tranche de pain bis.
Le radis noir râpé avec carottes et céleri, quelques grains de raisin et une (petite ) poignée de cacahuètes, huile d'olive et vinaigre balsamique fait une entrée honorable précédent les repas consistants de l'hiver.
En soupe, il n'est pas mal non plus: il donne de la consistance aux feuilles de bettes. Braisé avec des lardons, il garnit viandes et poissons. Et....la cerise sur le gâteau: pratiquement 0 calories. Il était un des régals favoris de la Comtesse de Ségur.
Avant de vous munir du douteux Tamiflu, pensez au radis noir: c'est un excellent fortifiant qui, préparé en sirop calme la toux et les bronchites.
Il vous faut juste un radis, et du sucre de canne roux.
Coupez le radis en rondelles dont vous mettrez une première couche dans une assiette creuse; recouvrez de sucre. Continuez à alterner sucre et radis en terminant par une couche de sucre.
Laissez reposer une nuit et le lendemain recueillez le sirop dans un de ces jolis flacons que, je n'en doute pas, vois glanez dans les brocantes.


PP

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