vendredi 29 avril 2016

Le lierre grimpant



 Il s’agit ici de réparer une erreur judiciaire, de tordre le cou à une calomnie : le lierre grimpant est bien à tort surnommé « bourreau des arbres » ! On dit de lui qu’il les étouffe alors qu’il les protège ; on dit aussi qu’il détruit les murs auxquels il s’attaque, or loin de les abîmer il signale surtout les matériaux de mauvaise qualité. Il se nourrit de ses racines souterraines et non au moyen des crampons qu’il est parfois si difficile de décrocher.
Le lierre, tel l’amoureux ardant, meurt ou s’attache et il peut lui arriver dans un grand élan de tendresse de soulever les tuiles du toit qu’il embrasse. Il suffit de le tailler pour tempérer un peu son élan.
Glaneuse sache-le, le lierre n’est pas un parasite, et nombreuses sont ses utilités. Bacchus le savait bien qui s’en couronnait et consommait ses baies dans leur jeune âge pour se protéger de l’ivresse. Mais attention, nous ne sommes pas des dieux et si les fruits du lierre sont indispensables aux oiseaux en hiver, elles sont toxiques pour nous autres mortels. Quant à l’ivresse, si on oublie la prévention, reste la réparation ; il te suffira glaneuse, de faire bouillir dans le même vin qui t’a troublée quelques feuilles de lierre et d’en boire une goulée.
Le lierre est si bénéfique que bien qu’étant une liane ligneuse au même titre que la clématite, le houblon ou le chèvrefeuille, on le met parfois au nombre des Herbes de la Saint-Jean. Pourtant c’est de septembre à la fin de l’hiver qu’il est le plus utile à l’environnement. Ses fleurs jaunes verdâtres, regroupées en ombelles fleurissent à l’automne et sont parmi les dernières à offrir du pollen aux abeilles. A la fin de l’hiver, ses fruits bleu-violet foncé, -du moins ceux que les oiseaux ont laissés-, se marient avec les premières jonquilles et les feuilles des ronces que le gel a roussi, pour nous offrir un premier bouquet naturel.
Les pelotes qu’il forme dans les arbres abritent en hiver toute une faune qui sert de banque alimentaire aux habitants du jardin.  Et loin d’étouffer les arbres comme on le prétend, il sert de rempart au feu bactérien, au gel, aux champignons, aux bactéries, aux rongeurs et autres bêtes à grosses dents qui prennent l’écorce des arbres pour une friandise : chevaux c’est à vous que je pense !
Quoi d’autre ? Il est un régal pour les moutons ; il indique le nord ; c’est un dépolluant qui capte les composés cancérigènes présents dans l’air et glaneuse, si ton lave-vaisselle a rendu l’âme et que tu manques de produit lavant à la main, fait bouillir 100gr de feuilles de lierre dans 2l. d’eau , presse le mélange et plonge dedans tes assiettes.

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