vendredi 16 juillet 2010

La vie des champs

"Choisissez d'abord pour vos abeilles une demeure inaccessible au vent; car le vent les empêche de porter leur butin à la ruche.
Que les brebis et les folâtres chevreaux ne bondissent pas sur les fleurs; que la génisse errante ne vienne pas secouer la rosée, ni fouler l'herbe naissante. Eloignez de leur asile les lézards gris à la peau mouchetée, les guêpiers, et, entre autres oiseaux, l'hirondelle, dont la poitrine garde encore l'empreinte de ses mains sanglantes."

VIRGILE - Géorgiques

samedi 10 juillet 2010

Une habitation rustique - Edmond About

Il y avait une maison d’habitation antique et délabrée, mais qui me semblait admirable, à cause du grand lierre et des moineaux nichés dans les trous ; à côté, un jardin tout petit, mais commode ; plus loin, un verger, peuplé de vieux arbres, sous lesquels mon père et mes oncles ont mené paître, tout à tour, l’unique vache de la famille. Ajoutez à cela un petit carré de pommes de terre, une vigne, enfin une chènevière où l’on admirait le roi des cerisiers, dont les fruits mûrs me transportaient au septième ciel. Du plus loin qu’il m’en souvienne, je vois mon grand-père et ma grand’mère, levés avant le jour, cheminant chacun de son côté, vers une besogne ou une autre. C’est grand’maman qui faisait le pain et la cuisine ; elle filait, cousait, tricotait, lavait et repassait avec la dextérité d’une fée. Et il faut croire que le bonhomme de grand-père n’était pas maladroit non plus, car pour fabriquer une échelle, réparer une tonne ou un cuveau, ajuster une vitre, il ne s’adressait qu’à lui-même. Ils étaient donc à l’aise sans argent, leur superflu s’écoulait chez mes oncles et chez mon père, en paniers de fruits, en rayons de miel ou en fromages salés, et jamais un mendiant ne frappait à leur porte sans recevoir un morceau de pain.

vendredi 9 juillet 2010

jeudi 8 juillet 2010

Blague potagère


Un vieil Arabe vit depuis plus de 40 ans prés de Tarnac en Corrèze. Il aimerait bien planter des pommes de terre dans son jardin, mais il est tout seul, vieux et faible.
Il envoie alors un courriel à son fils qui étudie à Paris pour lui faire part de son problème.
"Cher Ahmed,
Je suis très triste car je ne peux pas planter des pommes de terre dans mon jardin. Je suis sûr que si tu étais ici avec moi, tu aurais pu m'aider à retourner la terre. Ton père qui t'aime.
Jamil."
Le lendemain, le vieil homme reçoit ce courriel :

" Cher Père,
S'il te plaît, ne touche surtout pas au jardin ! J'y ai caché ce que tu sais.
Moi aussi je t'aime.
Ton fils Ahmed."
À 4 heures du matin arrivent chez le vieillard, la Brigade Antiterroriste,
le GIGN, les RG, le FBI, la CIA, les Experts et même Alliot Marie qui avait
amené TF1, Antenne 2 et toute la clique
lls fouillent tout le jardin, millimètre par millimètre, et repartent bredouilles.

Quelques heures plus tard, le vieil homme reçoit un nouveau courriel de son
fils :
" Cher Père,
Je suis certain que la terre de tout le jardin est désormais retournée et que tu peux planter tes pommes de terre. Je ne pouvais pas faire mieux.
Ton fils qui t'aime, Ahmed " 

mercredi 7 juillet 2010

Le jardin de Paul

Il allait... dans les bois voisins déraciner de jeunes plants de citronniers, d'orangers, de tamarins dont la tête ronde est d'un si beau vert, et d'attiers dont le fruit est plein d'une crème sucrée qui a le parfum de la fleur d'orange: il plantait les arbres déjà grands autour de cette enceinte. Il y avait semé des graines d'arbres qui dès la seconde année portent des fleurs ou des fruits, tels que l'agathis, où pendent tout autour, comme les cristaux d'un lustre, de longues grappes de fleurs blanches; le lilas de Perse, qui élève droit en l'air ses girandoles gris de lin; le papayer, dont le tronc sans branches, formé en colonne hérissée de melons verts, porte un chapiteau de larges feuilles semblables à celles du figuier.
Il y avait planté encore des pépins et des noyaux de badamiers, de manguiers, d'avocats, de goyaviers, de jaques et de jameroses. La plupart de ces arbres donnaient déja à leur jeune maître de l'ombrage et des fruits. Sa main laborieuse avait répandu la fécondité jusque dans les lieux les plus stériles de cet enclos. Diverses espèces d'aloès, la raquette chargée de fleurs jaunes fouettées de rouge, les cierges épineux, s'élevaient sur les têtes noires des roches, et semblaient vouloir atteindre aux longues lianes, chargées de fleurs bleues ou écarlates, qui pendaient ça et là le long des escarpements de la montagne.
Il avait disposé ces végétaux de manière qu'on pouvait jouir de leur vue d'un seul coup d'oeil. Il avait planté au milieu de ce bassin les herbes qui s'élèvent peu, ensuite les arbrisseaux, puis les arbres moyens, et enfin les grands arbres qui en bordaient la circonférence; de sorte que ce vaste enclos paraissait de son centre comme un amphithéâtre de verdure, de fruits et de fleurs, renfermant des plantes potagères, des lisières de prairies, et des champs de riz et de blé. Mais en assujettissant ces végétaux à son plan, il ne s'était pas écarté de celui de la nature; guidé par ses indications, il avait mis dans les lieux élevés ceux dont les semences sont volatiles, et sur le bord des eaux, ceux dont les graines sont faites pour flotter: ainsi chaque végétal croissait dans son site propre et chaque site recevait de son végétal sa parure naturelle. Les eaux qui descendent du sommet formaient au fond du vallon, ici des fontaines, là de larges miroirs qui répétaient au milieu de la verdure les arbres en fleurs, les rochers et l'azur des cieux.
Malgré la grande irrégularité de ce terrain toutes ces plantations étaient pour la plupart aussi accessibles au toucher qu'à la vue: à la vérité nous l'aidions tous de nos conseils et de nos secours pour en venir à bout. Il avait pratiqué un sentier qui tournait autour de ce bassin et dont plusieurs rameaux venaient se rendre de la circonférence au centre. Il avait tiré parti des lieux les plus raboteux, et accordé pour la plus heureuse harmonie la facilité de la promenade avec l'aspérité du sol, et les arbres domestiques avec les sauvages. De cette énorme quantité de pierres roulantes qui embarrassent maintenant ces chemins ainsi que la plupart du terrain de cette île, il avait formé ça et là des pyramides, dans les assises desquelles il avait mêlé de la terre et des racines de rosiers, de poincillades, et d'autres arbrisseaux qui se plaisent dans les roches; en peu de temps ces pyramides sombres et brutes furent couvertes de verdure, ou de l'éclat des plus belles fleurs. Les ravins bordés de vieux arbres inclinés sur les bords formaient des souterrains voûtés inaccessibles à la chaleur, où l'on allait prendre le frais pendant le jour. Un sentier conduisait dans un bosquet d'arbres sauvages, au centre duquel croissait à l'abri des vents un arbre domestique chargé de fruits. Là était une moisson, ici un verger. par cette avenue on apercevait les maisons; par cette autre, les sommets inaccessibles de la montagne. Sous un bocage touffu de tatamaques entrelacés de lianes on ne distinguait en plein midi aucun objet; sur la pointe de ce grand rocher voisin qui sort de la montagne on découvrait tous ceux de cet enclos, avec la mer au loin, où apparaissait quelquefois un vaisseau qui venait de l'Europe, ou qui y retournait. C'était sur ce rocher que ces familles se rassemblaient le soir, et jouissaient en silence de la fraîcheur de l'air, du parfum des fleurs, du murmure des fontaines, et des dernières harmonies de la lumière et des ombres.....
Bernardin de SAINT-PIERRE - Paul et Virginie

La Sauge

Pourquoi meurt-il l’homme dans le jardin duquel croît la sauge ?
Herbe précieuse entre toute, qui chasse les sorciers et conjure les maléfices, elle soigne en outre de nombreux maux et parfume la cuisine. Son nom vient du latin salvare. Ce don salvateur lui vient de la Vierge, qui fuyant Hérode, se cacha dans un buisson de sauge et bénit la plante pour lui avoir donné asile.
Avec la sauge, les druides guérissaient les fièvres, la toux, les bronchites, les rhumatismes et , quand ils n’étaient pas trop morts, ressuscitaient les défunts.
Plus tard, quand les moines furent venus à bout de l’influence des druides, ils recommandèrent, pour faire baisser la température, d’écrire sur des feuilles de sauge les trois premiers mots du Pater Noster et de les faire manger trois jours de suite au fiévreux.
Une autre formule préconisait de manger de la sauge pendant neuf jours en prenant neuf feuilles le premier jour, huit, le second et ainsi de suite jusqu’au dernier jour.
De nos jours encore, dans le Nord, on soigne les refroidissements et les états fébriles avec du thé à la sauge.
Pilée dans du vin rouge avec de la marjolaine et du poivre, elle soulage les rages de dents. (ne pas hésiter à rajouter des clous de girofle)
Le désir de la sauge étant de rendre l’homme immortel, elle allonge la durée de la vie et guérit du cancer si on la consomme en mai. On peut aussi faire une croix sur le mal avec trois paquets de neuf feuilles de sauge et récitant cette formule : « Cancer maudit, perds aujourd’hui ta tête et ta racine ».
Si un médecin perd son latin et tout espoir quand un bébé victime d’une maladie étrange décline irrémédiablement, on peut ramener l’enfant à la vie en lui faisant prendre toutes les cinq minutes et par petites cuillers, une décoction de sauge.
Dans l’Egypte ancienne la sauge était aussi un remède contre la stérilité.
Les Romaines pour la même raison, devaient la cueillir en tunique blanche, les pieds nus et bien lavés. Il leur fallait ensuite se tenir quatre nuits éloignées de leur époux, puis boire une bonne lampée de jus de sauge et rejoindre le lit conjugal. Les vertus de la sauge et de quatre nuits d’abstinence devaient inévitablement porter leur fruit..
Au Moyen Age, on faisait prendre de la sauge aux femmes enceintes « sujettes à des feux immodérés », pour les calmer, fixer le « fruit » dans le corps le faire grandir et le fortifier.
Le bébé une fois né, la mère devait à tout prix éviter de sauter trois fois sur la sauge du jardin du curé, sous peine de perdre son lait.
Amoureux de l’Allier portez le la sauge à votre boutonnière pour aller demander la main de votre amoureuse.
Jeunes Anglaise, allez à minuit dans votre jardin et cueillez douze feuilles de sauge pour voir apparaître la silhouette de votre futur époux.
Il faut offrir de la sauge aux amoureux éconduits : ils se consoleront et acquerront en outre mémoire et sagesse.
La sauge bénie le jour de l’Assomption protège les maisons de la foudre.
Amis belges, pour une bonne moisson plantez de la sauge aux quatre coins de vos champs.
Le voyageur britannique ne redoutera aucun danger tans que la sauge accrochée dans la cuisine familiale ne fanera pas. Dans le cas contraire, n’hésitez pas à contacter SOS Assistance.
En Franche-Comté également on n’aime pas voir le bouquet de sauge se flétrir.
En Angleterre, donner le pied de sauge du jardin, condamne le chef de famille. Mais on y limite quand même le nombre de pieds, car trop de sauge dénonce la présence au foyer d’une femme autoritaire.
Et pour finir, voici ce que dit de la sauge le Grand Albert :
« Cette plante étant pourrie sous du fumier dans une fiole de verre, il s’en forme un certain ver, ou un oiseau, qui a la queue comme un merle ; si de son sang on frotte l’estomac de quelqu’un, il perdra le sentiment pendant plus de quinze jours. Si on fait brûler ces vers, et qu’on en jette la cendre dans le feu, incontinent on entendra comme un horrible coup de tonnerre. Ou bien si on met cette poudre dans une lampe qu’on allume ensuite, il semblera que toute la chambre est pleine de serpents. »
Qui a de la sauge dans son jardin, n’a pas besoin de médecin.

jeudi 1 juillet 2010

GREEN

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches,
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer sur mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encore de vos derniers baisers,
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.