dimanche 14 février 2010



Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis: Veux-tu t'en venir dans les champs?

Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis: Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds?

Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive;
Elle me regarda pour la seconde fois,
Et la belle folâtre alors devint pensive.
Oh! comme les oiseaux chantaient au fond des bois!

Comme l'eau caressait doucement le rivage!
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.

Victor HUGO

3 commentaires:

FRANKIE PAIN a dit…

hymne à la beauté hymne à l'amour
l'autre commentaire sur des villes et deschamps fut pas passer merci à toi toujours de merveilles en merveilles tes textes et images et maintenant en plus les chansons bravo on y est bien j'ai fait grâce à toi une belle collecte de pommes
a bientôt

Je suis le temps qui passe. a dit…

Merci à monsieur Hugo pour ce très beau poème et à toi pour nous l'avoir rappelé.

Enitram a dit…

Plaisir de retrouver ce poème de M Hugo sur ton blog!!!
Bonne semaine!