mercredi 29 décembre 2010

Us et coutumes




Cueillez le gui, cueillez le houx,
C’est la Noël, fleurissez vous


Le jardin de décembre est … sobre… dépouillé comme un vêtement de créateur japonais.
Pas ou peu de couleurs, les légumes se font discrets, les arbres austères et les fleurs évanescentes. Seules quelques baies écarlates se signalent à l’appétit des oiseaux : buisson ardent, fusain… et bien sûr, le houx.
Le houx, ilex aquifolium pour les érudits, est appelé par le commun des mortels, vous et moi par exemple, grand houx, gréou, grifeuil ou encore agrifon.
Les pépiniéristes et horticulteurs, négligeant le fait que c’est à cause de lui qu’il peut vous arriver de vous faire « houspiller », puisque ce mot à l’origine signifiait : pousser avec un balais de houx, et ne voulant considérer que son aspect décoratif, l’ont diversifié en près de 400 espèces .
La devise du houx pourrait être « chi va piano, va sano », car s’il croît lentement, il peut vivre jusqu’à 300 ans.
Si on le trouve à l’état naturel dans les zones tempérées d’Europe et d’Amérique, certains chercheurs pensent qu’il pourrait être une relique d’une flore de zone plus chaude de l’époque tertiaire.
Hollywood était à l’origine une houssaie (ou houssière) c'est-à-dire un bois planté de houx.
Il peut avoir diverses formes, mais on le voit le plus souvent en forme de cône ; sa tige est droite et ses rameaux étalés au pied. Son écorce verte quand il est jeune, devient grise en vieillissant.
Ses feuilles alternées sont ovales, coriaces, luisantes et épineuses ; elles persistent trois ans avant de tomber. Il porte en mai de petites fleurs blanches groupées à l’aisselle des feuilles.
Le houx est en principe dioïque et pour obtenir ses fruits rouges il faut planter plus de pieds femelles que de mâles.
Son fruit contient de la théobromine ; il est toxique pour l’homme, aussi laissez-le aux oiseaux qui le dispersent en le consomment et aident ainsi à sa reproduction naturelle.
Il pousse un peu partout mais se plaît à l’ombre et préfère les lieux humides. S’il tolère tous les sols, il garde une préférence pour une terre légère et un peu acide et ne refuse pas le calcaire.
Il n’est pas facile à bouturer mais vous pouvez toujours essayer : il faut pour cela rendre en juillet un rameau jeune mais rigide ; couper les feuilles du bas de la tige, entailler et y glisser une graine d’orge si possible ou le tremper dans une hormone de bouturage ; planter cette bouture à l’intérieur dans un mélange de sable et tourbe. Les premières racines se montrent au bout de 6 à 8 semaines mais il fautattendre deux ans avant de le repiquer en pleine terre.
Voilà bien des complications quand on sait que les branches basses du houx, qui traînent à terre se marcottent spontanément.
Si le houx résiste bien aux maladies, il a cependant trois ennemis :
La mouche du houx dont la larve creuse des galeries dans ses feuilles et leur donne un aspect blanchâtre.
Le puceron du houxqui lui, s’attaque aux jeunes feuilles.
Et pour finir, la maléfique Tordeuse de Canneberges : papillon dont les chenilles non seulement dévorent les feuilles dures du houx, des myrtilles et des canneberges mais aussi les lient avec de fils de soie pour en faire des nids.
Le bois dur du houx est recherché en ébénisterie ; il a longtemps servi à faire les pièces blanches des échecs.
Goethe possédait une canne en bois de houx.
On en extrait la glutine, qui sert à fabriquer la glu.
En médecine populaire on utilise un cataplasme de feuilles broyées comme révulsif. La décoction de feuilles macérées dans du vin est considérée comme un vermifuge.
En Alsace, on obtient par fermentation et distillation des fruits un alcool blanc
Le maté ou quechua ou thé des Jésuites est une infusion de feuilles de houx.
On dit que tous les arbres ayant refusé de fournir le bois de la croix du Christ, le houx qui seul accepta fut doté de piquants qui préfigurent la couronne d’épines de la Passion.
Piquants qui, cependant repoussent les mauvais esprits, et protègent des sorciers et de leurs maléfices. C’est pourquoi faire entrer du houx dans la maison à Noël assure la prospérité.
En Angleterre, il faut deux sortes de houx : avec piquants pour le mari et sans pour la femme. Il faut autant de branches de l’un que de l’autre pour qu’un des deux époux ne domine pas l’autre. Et aucun Anglais ne conserve de houx après le 6 Janvier.
La tradition dit que le diable voyant Dieu créer le laurier voulut l’imiter et fabriqua le houx.
S’il porte des baies en abondance, soyez certains que l’hiver sera rude.
Et pour finir, sous un bouquet de houx et de gui, embrassez qui vous aimez.

1 commentaire:

laurent a dit…

Je trouve que c'est joli du houx sur une table festive. (encore plus un Noël à la campagne, sûrement des images de gosse)