mercredi 25 mars 2015

La vie des champs


"Il existe... dans les pâturages de la Calabre un serpent... dangereux. La tête levée, il déroule en replis ondoyants son corps couvert d'écailles, et un long ventre marqué de grandes taches. Tant que l'eau des sources alimente les ruisseaux, tant que les terres sont détrempées par les pluies du printemps..., il habite les étangs, et, fixé sur leurs rives, il assouvit sa faim cruelle en dévorant les poissons et les grenouilles. Mais, quand les étangs sont desséchés, quand les ardeurs du soleil entr'ouvrent la terre, il s'élance dans la plaine, et, roulant des yeux enflammés, il désole les campagnes, rendu furieux par la chaleur et la soif qui le consume. Me préservent les dieux de me livrer en plein air au doux sommeil, ou de m'étendre sur l'herbe à l'ombre d'un bois lorqu'il s'avance, fier de sa peau nouvelle et brillante de jeunesse, et que, laissant dans sa retraite ses petits ou ses oeufs, il se dresse au soleil et darde son triple aiguillon.

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