jeudi 30 janvier 2014

La vie des champs

Apprenez donc, habitants des campagnes, la culture propre à chaque espèce, et sachez adoucir l'âpreté des fruits sauvages...
Les arbres qui s'élèvent d'eux-mêmes dans les airs sont, il est vrai, stériles, mais beaux et vigoureux, parce qu'ils puisent dans le sol une force naturelle.
Cependant, si on les greffe, ou si on les transplante dans un sol ameubli, ils dépouillent leur caractère sauvage, et, à force de culture, ils se prêtent à toutes les combinaisons de l'art...
La nature agit diversement dans la production des arbres. Les uns, sans le secours de l'homme, viennent d'eux-mêmes dans les champs, ou couvrent au loin les bords sinueux des fleuves, comme le souple osier, le flexible genêt, le peuplier et le saule au vert et pâle feuillage. Les autres proviennent d'une semence confiée à la terre, tels que le haut châtaignier, le grand chêne... et l'yeuse...

VIRGILE - Géorgiques

samedi 25 janvier 2014

L'épine noire

Le prunellier est le garde-manger des pies grièches: aux longues épines qui bardent son écorce noire, elles empalent insectes oisillons qu'elle reviendront chercher quand elles auront faim. Les cadavres se décomposent et les épines souillées provoquent de redoutables blessures.
Autrefois, pour échapper à la conscription, les jeunes gens n'hésitaient pas à s'infliger aux doigts une piqûre de prunellier.. La plaie infectée, il fallait amputer et le conscrit , incapable de tenir un fusil, échappait à l'armée.
Portez des gants si vous voulez lui prendre un bouquet, car il est l'un des premiers à offrir au printemps des brassées de fleurs blanches qui se montrent bien avant les feuilles.
A la fin de l'été, ses fruits d'un bleu profond sont acides et offrent plus de noyau que de chair. 
Cavaliers, si après un bon galop ou une longue marche au soleil, vous avez soudain la gorge sèche et rien a boire, regardez si le long de votre chemin se trouve une épine noire. Prenez-lui une prune, une seule, que vous allez sucer jusqu'à ce que sa peau éclate, le fruit tout chaud aura perdu son âcreté et comme par magie, votre soif aura disparu.
Courageux: la confiture de prunelle est très fine! Bien entendu, il faut pour dénoyauter pas mal de patience. 
Ou bien, en gardant les noyaux, on peut distiller la prunelle pour en faire de l'eau-de vie.
Son bois est dur, fin et brun rosé; il servait naguère à faire des cannes et des manches d'outils.

jeudi 23 janvier 2014

Le Ciel Le Soleil Et La Mer - François Deguelt

L'asperge

La pulpeuse asperge, du latin "asperges", signifie goupillon, Dieu me pardonne. Chez nous, il y a des siècles que l'asperge a été introduite, et personne à ce jour n'a porté plainte. L'aperge donne le meilleur de son goût en compagnie d'oeufs brouillés. Elle anoblit les sauces blanches. la vulgarité de la vinaigrette ménagère l'insulte. Avant la disgracieuse invention du réfrigérateur, on conservait l'asperge fraîche pendant neuf mois en l'enfermant dans la poudre de charbon de bois, après l'avoir enroulée dans un cornet de papier de soie. Il fallait bien prendre soin de lui cautériser préalablement la section de tige sur la plaque du four à bois de grand-mère. C'était moins pratique que le machin burger du maquereau Donald, mais il est payant parfois de savoir prendre son temps. Les tronches défaites du bâfreur hâtif et de l'éjaculateur précoce sont éloquante à cet égard.

Pierre DESPROGES

mercredi 22 janvier 2014

La vie des champs

"J'aime à contempler les forêts... C'est avec leurs bois que les laboureurs façonnent des roues à rayons ou des roues pleine pour les chariots... Le saule nous donne ses rameaux flexibles, l'orme son feuillage; le myrte et le cornouiller nous fournissent de solides javelots: l'if se courbe en arc... Le bois lisse du tilleul et le buis, docile au tour, cèdent au fer aigu qui les creuse et prennent des formes variées."
VIRGILE - Géorgiques

lundi 20 janvier 2014

Claudio Abbado in Memoriam (26.06.1933 - 20.01.2014)

La Langue du Chat


Mon chat, hôte sacré de ma vieille maison,
De ton dos électrique arrondis la souplesse,
Viens te pelotonner sur les genoux, et laisse
Que je plonge mes doigts dans ta chaude toison.

Ferme à demi, les reins émus d'un long frisson,
Ton oeil vert qui me raille et pourtant me caresse,
Ton oeil vert semé d'or qui, chargé de paresse,
M'observe d'ironique et bénigne façon.

Tu n'as jamais connu, philosophe, ô vieux frère,
La fidélité sotte et bruyante du chien;
Tu m'aimes cependant et mon coeur le sent bien.

Ton amour clairvoyant et peut-être éphémère
Me plaît; et je salue en toi, calme penseur,
Deux exquises vertus: scepticisme et douceur.
Jules LEMAITRE

lundi 13 janvier 2014

cuisine de saison


Livré tel que testé! Souvent je modifie les recettes en fonction de mes envies et de l'état de mes réserves, mais là, vraiment, rien à jeter, rien à transformer. Ce cheesecake est un délice...

dimanche 12 janvier 2014

La Vie des Champs


Du sein de cette nuit épaisse, Jupiter lance la foudre de sa main étincelante. La terre tremble jusqu'en ses fondements; les animaux s'enfuient, et partout les mortels se prosternent de frayeur.... l'ouragan fait mugir les bois et les rivages. Pour prévenir ces maux, observez le cours des mois et des astres; voyez dans quel signe se retire la froide étoile de Saturne et dans quel cercle Mercure fait sa révolution."

VIRGILE (Géorgiques)

samedi 11 janvier 2014

Jardins de plume

J’en fis un (jardin), pour éviter l’oisiveté, entouré de fossés pleins d’eau, auxquels il y avait de fort belles truites que j’y avais mises, et où descendaient trois ruisseaux de fort belle eau courante, dont la plupart de notre habitation se fournissait. J’y fis une petite écluse contre le bord de la mer, pour écouler l’eau quand je voulais. Ce lieu était tout environné de prairies où j’accommodai un cabinet avec de beaux arbres pour aller y prendre de la fraîcheur. J’y fis aussi un petit réservoir pour y mettre du poisson d’eau salée, que nous prenions quand nous en avions besoin. J’y semai quelques graines, qui profitèrent bien, et y prenais un singulier plaisir ; mais auparavant il y avait bien fallu travailler. Nous y allions souvent passer le temps ; et semblait que les petits oiseaux d’alentour en eussent du contentement.
Samuel CHAMPLAIN

vendredi 10 janvier 2014

Prenez donc un ver

Certes on ne peut pas faire grand chose au jardin ces temps-ci! Mais pendant que vous vous croisez  les bras, paresseux jardiniers, il en est un qui s'affaire, qui aère la terre en creusant des galeries sans aucunement abîmer vos plantations; qui digère la terre en l'ensemence en ferments bénéfiques; qui, sauf si le sous-sol est rocheux, va labourer jusqu'à 3m de profondeur; qui enterre les feuilles mortes; qui enfouit le compost que vous avez répandu en surface; qui aide les eaux de pluie à pénétrer le sol.
Qui est-il? Le lombric! Le ver de terre... Voyez le travail qu'il est capable d'accomplir et pensez qu'un mètre carré de votre jardin peut abriter cent de ses congénères! Aussi même s'il est gros, gras et luisant, ne le confondez pas avec un serpent et surtout ne croyez pas la légende qui prétend que si on le coupe en deux, on obtient deux vers. Si vous coupez en deux un lombric, il fait comme vous, il meurt... mais pas tout de suite!
Aussi jardiniers, ne faites pas souffrir le lombric, il est votre meilleur ami.

jeudi 9 janvier 2014

Dictionnaire du Zoodiac



L'ÂNE

             Signe de Bois (surtout la tête),  gouverné par la folle planète   Avoine.

Les natifs de l’Âne sont peu enclins à changer d’avis ; ils ont généralement l’ouïe fine et le pied sûr.
Si vous collaborez avec un natif de ce signe, préférez la carotte au bâton ; l’Âne se butte facilement…


mercredi 8 janvier 2014

La Langue du Chat

Ce que Ming aimait le mieux, c'était de rester allongé au soleil avec sa maîtresse dans un des longs fauteuils en toile sur la terrasse de leur maison. Ce que Ming n'aimait pas, c'étaient les gens qu'elle invitait parfois chez elle, les gens qui lui marchaient sur les orteils, les gens qui le soulevaient par derrière avant qu'il pût réagir.

Patricia HIGHSMITH

mardi 7 janvier 2014

La grenade

Une ville d'Espagne lui doit son nom. Originaire des bords de la mer Caspienne et des monts d'Afghanistan, le grenadier est un grand voyageur: on a retrouvé de ses graines dans des tombeaux égyptiens datant de 2500 ans avant J.C.
Décoratif autant qu'utile, on aime ses fruits en forme de grosse pomme portant couronne, à la peau épaisse et dure, le plus souvent rouges et parfois verts.  Des fruits acides à l'état sauvage, aussi les grenadiers ont-ils  ont été longuement sélectionnées avant de produire des fruits aussi beaux que bons qu'ils donnent en abondance dans les pays proches de la Méditerranée. Plus au nord, sur les balcons et les terrasses, on devra se contenter de leurs côté décoratif, et les traiter comme on fait des orangers en les rentrant l'hiver dans une serre maintenue hors gel. Il existe pourtant une variété nommée Legrellei qui s'accommode des jardins parisiens pour peu que l'on protège sa souche en hiver et qu'on lui offre une terre bien drainée et enrichie de fumier décomposé.
Avec des branches un peu épineuses et une écorce couleur de cendre, certains arbustes peuvent s'élever jusqu'à 6m de haut. En automne, vous verrez les feuilles de votre grenadier virer au jaune vif avant de disparaître. De juin à septembre; il va vous  gratifier de superbes fleurs qui vont du rouge à l'orange avant de produire ses fruits juteux aux graines charnues et sucrées. C'est un fruit d'automne qui fait merveille dans les salades. Si la récolte est abondante, essayez de faire de la grenadine.
Vous pourrez multiplier votre grenadier tant par boutures que par semis, mais le semis ne vous donnera que des porte-greffes. 

lundi 6 janvier 2014

La pétasite officinale ou grand pas d'âne

Parce que ses larges feuilles ont plus ou moins la forme d'un chapeau, on lui dit aussi Chapelière ou bien encore Chapeau du Diable.
Il aime les sols riches, humides et ombragés et se plaît au bord des ruisseaux de l'est de la France.
Il commence par montrer ses fleurs qui vont du rose pâle presque blanc au pourpre, puis développe des feuilles veloutées, molles et d'un vert grisé qui peuvent atteindre près de 1m de large.;elles disparaissent à l'automne. Sous terre subsistera le puissant rhizome qui fait du pétasite un couvre-sol parfois envahisssant.
Le pétasite traite les rhinites allergiques, le rhume des foins et les migraines; on utilise ses feuilles en cataplasme pour cicatriser plaies et brûlures.
Plantez-le au bord d'un étang et, s'il est dit officinal, contentez -vous de connaître ses propriétés car il est toxique et a déjà été accusé de provoquer des lésions hépatiques irréparables. 

dimanche 5 janvier 2014

Invocation

 

"Ô chat sacré! Ta tête est la tête de dieu Soleil. Ton nez est le nez de Toth, du seigneur trois fois grand d'Hermopolis. Tes oreilles sont celles d'Osiris qui entend la voix de tous ceux qui l'invoquent. Ta bouche est la bouche du dieu Atmou, le seigneur de la Vie, qui t'a préservé de toute souillure. Ton coeur est le coeur de Phtah."

Invocation gravée sur une colonne à Héliopolis au IV° siècle avant nous autres...

(A répéter trois fois matin et soir en se prosternant bien bas devant le dieu (ou la déesse) de notre foyer)

samedi 4 janvier 2014

Le cormier

Si, sur le bord d'une route, dans une broussaille au détour d'un chemin, vous rencontrez cet arbuste modeste qui s'orne de jaune au printemps, saluez-le poliment.
C'est souvent un vénérable vieillard qui, peut--être, contemple le monde depuis trois siècles.
Savez-vous que c'est du bois de ses ancêtres qu'était faite la massue d'Hercule? et que vos ancêtres à vous transformaient ses branches en manches d'outils?
C'est lui, le cormier, le cornouiller mâle...
Si vous êtes en terrain calcaire, laissez-le fleurir votre haie. Peu avant les premières gelées, il vous offrira ses fruits rouges, les cornouilles, dont vous ferez d'excellentes confitures....

vendredi 3 janvier 2014

Jardins de plume


Proxinoé faisait des gâteaux excellents. Elle avait des abeilles dont le miel était plus doux que celui qui coulait du tronc des chênes creux pendant l’âge d’or. Les vaches venaient d’elles-mêmes offrir des ruisseaux de lait. Cette femme laborieuse avait dans son jardin toutes les plantes qui peuvent aider à nourrir l’homme en chaque saison, et elle était toujours la première à avoir les fruits et les légumes de chaque temps ; elle avait même beaucoup de fleurs, dont elle vendait une partie après avoir employé l’autre à orner sa maison. La fille secondait sa mère, et ne goûtait d’autre plaisir que celui de chanter en travaillant, ou ezn conduisant ses moutons dans les pâturages. Nul autre troupeau n’égalait le sien : la contagion et les loups même n’osaient en approcher. A mesure qu’elle chantait, ses tendres agneaux dansaient sur l’herbe, et tous les échos d’alentour semblaient prendre plaisir à répéter ses chansons.

FENELON- Les aventures de Mélésichton

jeudi 2 janvier 2014

L'oseille..

Il n'y a plus grand'chose au potager, mais l'oseille nous tend encore quelques feuilles pour accompagner le poisson blanc et aussi pour composer avec des épinards une excellente soupe que j'ai déjà racontée sur ce blog.
L'oseille est une bonne vivace qui, contrairement à sa soeur sauvage ne fleurit pas ou rarement. De culture facile, on peut en la divisant réaliser  au long des allées des bordures qui valent bien le buis.
On dit qu'elle craint le soleil, l'excès de calcaire et la sécheresse. Pour ma part, j'ai toujours vu reprendre un peu partout les éclats des touffes divisées. 
Coupez-là régulièrement pour qu'elle reste bien verte, éliminez les feuilles séchées. Escargots et limaces, tout comme nous sont friands d'oseille, mais elle est si généreuse qu'il y en a assez pour tous... Attention toutefois, les petites bêtes se cachent derrière les feuilles ; un rinçage au vinaigre s'impose.

mercredi 1 janvier 2014

Ne craignez pas les châtaignes...

Le châtaignier, s'il affectionne les Cévennes et l'Ardèche s'accommode assez de toutes les régions qui lui offrent un sol riche en silice. A cette condition et s'il ne gèle pas, on peut encore en planter espacés de 10m les uns des autres. Sinon, n'hésitez pas à ajouter de grandes quantités de sable à la terre d'implantation.
A l'inverse d'autres arbrisseaux que les "mauvaises herbes" ou autres ronces protègent des rongeurs, le châtaignier déteste cohabiter; aussi vous faudra-t-il couper ras toute végétation adventice tant que le tronc ne sera pas vigoureux.
En prévision de vos futures récoltes, donnez-lui de l'eau en été , mais pas trop. Arbre raisonnable, le châtaignier redoute l'excès autant que la pénurie.
Examinez régulièrement vos jeunes plants et détectez à temps le chancre ou la maladie de l'encre qui colore le bois. Deux maladies graves qui peuvent entraîner la mort de vos plantations.