samedi 23 octobre 2010

LA VIGNE


Quand la vigne est en fleurs
Elle ne veut voir
Ni manant ni seigneur.
Vendanges sont faites ! Il est temps de tailler la vigne. En cette saison, on pratique une taille « à deux yeux », c'est-à-dire qu’on coupe le sarment juste après le deuxième bourgeon à feuilles en partant de la branche mère. Cette toilette va lui permettre à votre vigne de s’endormir tranquillement en rêvant aux belles grappes qu’elle vous offrira l’année prochaine.
La vigne : famille des Ampélidacées. Ampélos, jeune satyre dont Dionysos était amoureux, se tua dit-on, en essayant d’atteindre une grappe de raisins. Le dieu, pour garder son souvenir baptisa la plante du nom de celui qu’il aimait.
L’épouse d’Oenée, roi de Calydon l’aida à surmonter son chagrin en lui faisant découvrir d’autres amours . Dionysos charmé, offrit au couple l’arbrisseau sacré. Un des bergers royaux, Staphylos, observa qu’une de ses chèvres devenait follette après avoir mangé du raisin. Il eut l’idée d’en presser une grappe et d’en boire le jus qu’il trouva excellent. L’histoire ne dit pas si c’est lui qui eut le premier l’idée de le faire fermenter.
Symbole de la colère divine quand il enivre, leTalmud dit que le jus de la vigne produit cet effet depuis que le Diable s’est mêlé de l’affaire. On sait qu’après le déluge un des premiers actes de Noé fut de planter une vigne. Le diable qui n’en avait jamais vu lui demanda quelle était son utilité.
-« Le fruit en est bon et sucré, répondit Noé, et le vin qu’on en tire réjouit le cœur de l’homme.
-« Je vais t’aider, proposa le Diable.
Et pour ce faire, il va chercher un agneau, un lion, un porc et un singe. Il les sacrifie et arrose le sol de leurs sangs mélangés. Depuis, si l’homme mange le fruit de la vigne, il est bon et doux comme un agneau ; s’il boit le vin, il s’imagine être un lion et prend des risques inconsidérés ; s’il en boit plus, il devient grossier comme un porc et s’il s’enivre alors, il rit , parle trop fort et se rend ridicule comme un singe.
Il existe une pierre noire nommée Dionysia dont on dit qu’elle aide à lutter contre l’ivresse. Elle porte le nom du dieu de la vigne et celui aussi Denys, le saint qui est fêté en période de vendanges.
La vigne et ses légendes sont très répandues de la Méditerranée à la Baltique et de l’Inde à la Bretagne, toutes les religions locales la mentionnent. La fabrication du vin n’est-elle pas une sorte d’alchimie ? Les devins de l’Antiquité pratiquaient l’oenomancie, pratique divinatoire basée sur l’observation du vin. En ce sens, il arrive aux vignerons et œnologues de leur ressembler.
Partout où la vigne pousse, les légendes poussent avec elle ; partout le vin se produit sous le regard des dieux. Il était dans l’Antiquité, considéré comme une boisson divine, source d’immortalité. Les dieux protégeaient la vigne : Osiris en Egypte, Bacchus à Rome qui fut Dionysos en Grèce. Saturne qui enseigna aux peuples d’Italie l’art de la cultiver. Cette culture et celle du blé furent les premières manifestations de la civilisation agricole.
Autrefois, toute maison, même la plus modeste avait sa vigne et tout un chacun pouvait faire son vin. C’était la plupart du temps, comme dit la chanson, « une horrible piquette ».
La vigne domestique a bon caractère. Elle pousse de préférence au soleil, mais un pied malencontreusement planté à l’ombre enverra ses rameaux faire des grappes dans un endroit plus lumineux. Douée de cette facilité à s’étendre, une vigne bien guidée peut devenir une agréable tonnelle ; elle habillera un mur, une façade et si, en cette saison elle ne montre plus que des branches nues - une vigne qui n’a pas perdu ses feuilles avant la Saint Martin, annonce un hiver rigoureux.- mariez-là avec une autre liane : la passiflore, par exemple fleurit jusqu’aux gelées et offre de plus de délicieux fruits jaune orangé.
Voilà, associée à la fleur qui rappelle la couronne d’épines, celle qui a permis un des premiers miracles de Jésus qui aux noces de Cana changea l’eau en vin ; et c’est avec le vin de la Cène son dernier repas, qu’il institua l’Eucharistie. Assimilée chez les chrétiens à l’arbre de vie du Paradis, la vigne, un des biens les plus précieux de l’homme, symbolise dans les évangiles le royaume de Dieu. D’ailleurs il est bien connu que le vin peut vous emmener « dans les Vignes du Seigneur ».
On pourrait faire pousser la vigne et l’utiliser rien qu’en se référant aux coutumes et superstitions la concernant. Par exemple, les Bretons, ont coutume de boire une bouteille de vin au moment de planter ; ils en  répandent trois gouttes sur le pied, trois gouttes sur le racines pour que leur vigne prospère.
Dans le Gard et en Vendée, on arrose de vin le dernier cep planté et on enterre au pied cent sous de monnaie de bronze. Voilà une utilisation toute trouvée pour les pièces de monnaies rapportées de voyage ou pour celles oubliées dans une poche lors du passage d’une monnaie à une autre.
Les Girondins et Tourangeaux recommandent de tailler pendant la « vieille lune ». C'est-à-dire entre la pleine lune et la nouvelle lune, quand elle « descend ».
En Touraine encore, on dit que la vigne taillée quand la lune est en croissant sera dévorée par les lapins.
En Orléanais, pour vendange abondante, on étête les ceps le vendredi saint avant midi et à jeun. On le fait également dans l’Ain et dans le Maine pour éviter que les rats mangent les raisins.
En Bresse c’est le 17 mars au lever et sans avoir parlé à quiconque qu’il faut tailler la vigne. Goûter un seul raisin avant maturité annulerait la protection.
A Escoussens, dans la Montagne Noire on met des fleurs de vigne dans l’auge des poules afin qu’elles n’aillent pas manger le raisin.
Si vous avez bien suivi ces conseils, votre vendange est faite, elle est abondante, mais ne relâchez pas votre vigilance car mettre le vin en bouteilles à la pleine lune le fait tourner au vinaigre.
Dans l’Est pour que le vin ne se trouble jamais, il faut le mettre en bouteilles le jour du Vendredi Saint.
Et sachez que les caves longtemps interdites aux femmes, car certains jours du mois, après avoir fait tourner la mayonnaise, les malfaisantes corrompaient le vin par leur seule présence.
Ce sont sans doute ces sottises qui font « pleurer » la vigne quand on vient de la tailler. Ces « Larmes de Vigne » ont aussi leur utilité : on les utilise pour soigner ophtalmies et verrues.
Elles font disparaître les taches de rousseur des Girondins et repousser les cheveux des Hollandais.
Si vous enterrez le cordon ombilical d’un nouveau-né sous un cep de vigne, vous en ferez un homme joyeux, un bon vivant. Mais Paul Sébillot affirme que c’est ainsi qu’on fabrique également les ivrognes.
Si plus tard, ce petit a les cheveux raides, mettez une racine de vigne blanche dans l’eau de son bain, il bouclera comme un angelot.
N’oubliez pas dans le Bourbonnais, le 1° janvier, de manger du raisin blanc au lever .
Dans les Alpes de Haute- Provence, on se contente de raison sec. Cette coutume assure la prospérité pour l’année.
Les Provençaux prennent des risques : ceux qui ont les bras et les pieds enflés doivent aller chez le menuisier, (le choisir adroit et sobre de préférence), poser le membre malade sur l’établi en compagnie de deux ceps de vigne en forme de croix . L’homme de l’art devra les couper d’un seul coup de hache. (les ceps uniquement, je précise).
Si dans votre nouveau jardin existe un pied de vigne que vous ne souhaitez pas conserver, prenez garde : les musulmans pour qui la vigne est sacrée pensent que la déterrer peut provoquer de grands malheurs.
.
Enfin après toutes ces précautions vous aurez, si les merles vous en ont laissé, de belles grappes de raisin. Pour les conserver, faites leur dans une caisse un lit de tourbe sur lequel vous les étendrez après avoir enlevé les grains abîmés. Recouvrir de tourbe ; alterner raisins et tourbe en terminant par la tourbe. Quand la caisse est pleine, fermez-là. Gardez au sec. Le raisin peut se conserver plusieurs mois en excellent état.

Le Salon des Berces (2)


Dressées en îles sur le vallon herbeux, les berces du Caucase marquent l'espace en toutes saisons sauf par grands froids lorsque les feuilles d'un vert émeraude s'affaissent et disparaissent. Je dois aux berces l'invention du Jardin en mouvement, mode de gestion respectueux des énergies en place. les déplacements physiques des espèces à cycle court illustrent, entre autres, la question des échanges d'énergie au jardin. La berce du Caucase demeure pour moi, et pour l'histoire même de ce jardinage, l'emblème d'une gestion différenciée, soucieuse de préserver la diversité. En toutes saisons j'y fait passer les étudiants et tous ceux qui cherchent les preuves du mouvement au jardin.
La berce du Caucase est à la fois une architecture et un évènement. Une star et une insaisissable vagabonde. Elle se tient en marge mais on parle d'elle. Elle signe la Vallée.
La plante, pourchassée au titre d'invasive mais aussi pour les brûlures provoquées à son contact, jouit d'une réputation exécrable chez les censeurs du paysage naturel. Par on ne sait quelle magie protectrice, les écosystèmes devraient demeurer purs, indemnes de corps étrangers, aussi éloignés qu'il se peut des mécaniques du brassage planétaire. Au salon des berces, les grandes ombelles se couvrent de longicornes, de diptères et de cétoines rutilantes au mois de juin. Les hampes côtelées, parfumées à l'angélique, dressées en îles mobiles avec le temps, se signalent de loin. Elles changent les échelles du vallon par la hauteur des plantes et leur présence à la vue en un lieu si petit. Le sentiment d'encombrement cesse avec la fauche d'été...

Gilles CLEMENT - Le salon des berces

mardi 5 octobre 2010

COIN COING

Il sont mûrs, vous les avez ramassés et ils embaument la maison;
Vous en ferez des gelées, de la pâte (de coing), vous en ajouterez dans les pommes en compote, en tartes, en crumbles, mais savez-vous que le coing a aussi des vertus curatives? Elles manquent certe de poèsie pusque essentiellement il soulage, l'estomac et les intestins.
Pour calmer les douleurs et indisciplines de vos petits bedons, rien ne vaut l'eau de coing.

Il vous faut quatre coings bien mûrs que vous laverez, essuierez et couperez en quatre; vous les écraserez au mortier et les couvrirez d'eau; vous laisserez macérer pendant 48 heures.
Ensuite, vous exprimerez le jus auquel vous ajouterez une quantité égale de bonne eau-de-vie de fruits. Il vous faudra 300gr. de sucre de canne roux par litre de liquide, un bâton de cannelle et un clou de girofle.
Voilà, vous avez tout? Versez maintenant le tout dans votre plus joli bocal de verre celui dont le bouchon ferme bien. Laissez reposer au frais, au sec et à l'abri de la lumière pendant deux mois.
Au bout desquels vous filtrez et versez dans un flacon sympathique également tenu de fermer hérmétiquement.
Un petit verre à liqueur vous soulage et en plus... c'est bon!!!
(Ce qui n'est pas forcémént le cas des remèdes officiels.)

lundi 4 octobre 2010

Ki Ki n'en veut?

Il  pleut, il fait doux, mais il ne faut pas se leurrer, inévitablement la température va baisser; les gelées approchent. Il faut songer à rentrer les potées sensibles au froid et, forcément les géraniums.
Comment les garder d'une année sur l'autre?
Les rentrer tels quels dans une cave, les laisser dormir avec une goutte d'eau de temps à autre? certains survivent à ce traitement peu humain.
On peut aussi les sortir de terre, les emballer dans du papier journal et les suspendre la tête en bas dans un endroit sombre et sec. Et si on vous en faisait autant????
Si vous n'avez ni serre ni véranda où leur faire passer l'hiver, faites leur une place près de la fenêtre. Rabattez-les sévèrement (pas trop), continuez à les arroser, ils fleuriront votre maison pendant l'hiver.
Mettez les tiges coupées dans l'eau; bientôt vous verrez apparaître des radicelles . Il sera temps de les rempoter.
Au bout d'un an ou deux, vous en aurez assez pour en offrir aux copains.
A ce propos, voici le portrait de ceux que je vous propose.



Celui -ci est intéressant pour son feuillage violet. La fleur mal rendue ici est légère et rose "indien". C'est une bouture entre deux floraisons. Le père est sur la fenêtre et sur la photo on ne voyait que mon reflet. Il est beau faites moi confiance.
Ici c'est un "odorant" variété tomentosum (pour une fois que je sais le nom!) La fleur a peu d'intérêt , mais les feuilles sont larges et duvetées et le parfum! le parfum!!!Là, c'est un feuillage panaché vert clair et vert sombre. La fleur ici est pâle . "En vrai", elle est rouge orangé, assez éclatant.

Ah, celui-ci... je l'aime... un feuillage assez ordinaire, mais ces petites fleurs en pompons blanches ourlées de rose...Hm!!!!

Grosses fleurs blanc pur. Une bouture m'a été offerte il y a plus de dix ans par un employé d'une mairie de la banlieue parisienne et depuis, ces enfants fleurissent tous les jardins amis. Un costaud!

Et pour finir, ce pastel, aux feuilles panachées de vert tendre bordé crème; fleurs légères d'un rose discret.

Voilà... voilà... ce que je vous propose... Comment les acheminer jusqu'à vous??? On doit pouvoir y arriver.
Pour faire simple, ces géraniums vivent non loin de Dreux..
PS : C'est cadeau...

dimanche 3 octobre 2010

Différence

La différence entre un chat et un chien:
Le chien pense: ils me nourrissent, ils me protègent, ils m'aiment, ils doivent être des dieux.
Le chat pense: ils me nourrissent, ils me protègent, ils m'aiment, je dois être Dieu.

Ira LEWIS (acteur, scénariste américain)